Pampanilla

Jacques-Henry Rys (1909-1990)

 

Décédé prématurément, Jacques-Henry Rys était, au cours des années cinquante, un chef d’orchestre réputé qui dirigeait de nombreux enregistrements pour les stars de l’époque : Luis Mariano, Andrex, Claude Robin, Yvette Giraud et bien d’autres… Son activité se déploya dans différents domaines ; on lui doit l’orchestration de plusieurs opérettes, notamment de Francis Lopez ; il dirigea à la radio de nombreuses émissions de variétés et fut le compositeur de trois opérettes réussies que lui commanda Germaine Roger, directrice de la Gaîté-Lyrique : Colorado (1950), Pampanilla (1954) et, en collaboration avec Henri Bourtayre, Chevalier du Ciel (1955).

Pampanilla (paroles de Paul Nivoix et André Hornez) fut créée le 20 novembre 1954. Un livret amusant, une partition élégante et soignée, une distribution de tout premier ordre caractérisent cet ouvrage qui se joua presque une année entière sur la scène du square des Arts et Métiers.
En tête de cette distribution, le jeune Jean Bretonnière, chanteur brillant, excellent comédien, campait un jeune premier plein de fantaisie qui avait toutes les qualités requises pour atteindre les plus haut niveaux. Des raisons personnelles lui firent choisir une autre voie… Sa complicité avec l’excellent Maurice Baquet contribua au succès d’une pièce qui pouvait se flatter de présenter une distribution de tout premier ordre : Germaine Roger, Duvaleix, Ginette Baudin et Doris Marnier.

Pampanilla fit, comme il se doit, carrière en province et se jouait encore quelquefois au début des années quatre-vingts. Elle n’est plus aujourd’hui au répertoire des théâtres et ce purgatoire ne s’explique pas, pas plus que celui qui emprisonne Chanson Gitane, La Belle Arabelle, Andalousie, Colorado ou La Toison d’Or

— L’argument

Acte I

Monte-Carlo. Le Général Miguel, Ministre de la guerre de Baya, pays fantaisiste d’Amérique Centrale, s’enflamme pour Gisèle, directrice et danseuse étoile de Ballets Internationaux. Le Général lui proposant un cachet d’un montant inespéré, la jeune femme accepte de se rendre avec sa troupe à Pampanilla, la capitale du pays.
Pendant ce temps, en Savoie, deux joyeux compères, Jean et Toto, dont la principale occupation consiste à prendre du bon temps, attendent sans impatience que dame Fortune veuille bien leur sourire. Ce qui ne tarde pas, puisque Jean apprend qu’il hérite une riche hacienda dans la république de Baya.

Tout notre petit monde se retrouve sur le bateau voguant vers Pampanilla, Gisèle et ses danseuses au grand jour, Jean et Toto, cachés dans les embarcations de secours. Découverts, les deux jeunes gens seraient jetés à fond de cale, sans l’intervention de Miguel, qui, curieusement, s’offre à régler le prix de leur voyage. Gisèle et Jean font connaissance. Ils se plaisent. C’est le début d’une idylle…

À Pampanilla, nous comprenons les motifs qui ont rendu Miguel généreux. En Jean, il a découvert le sosie du Président Gomez, le dictateur du pays, dont la vie est constamment à la merci d’un attentat. Le jeune français, ignorant que Gomez est détesté de son peuple, et voulant sans doute éblouir Gisèle, accepte de le remplacer au cours des prochaines cérémonies. Il promet en outre de garder le secret de cette mystification.

Acte II

Jean est embarrassé lorsqu’il se retrouve en présence de Gisèle, qu’il ne peut mettre au courant de la vérité. Elle lui reproche vivement ses cachotteries et sa dureté pour le peuple. L’arrivée de Carlotta, la maîtresse du véritable Gomez, fait déborder la coupe, et la jeune femme rompt avec Jean.
Le dictateur s’est réfugié à la campagne. Jean assure l’intérim avec compétence. Il change la politique du pays à la satisfaction générale, ou presque, puisque seuls Miguel et Palmiero, le ministre de la Sûreté sont mécontents. Ce dernier décide de faire assassiner Jean. Gisèle, prévenue par une indiscrétion de Miguel, réussit à le sauver à la dernière minute.

Miguel apprend la mort accidentelle du véritable Gomez. Il décide, aidé par Carlotta, de prendre le pouvoir. Il commence par condamner Gisèle et Jean à être fusillés. Toto sauve les deux jeunes gens qui ne tardent pas à échafauder des projets d’avenir. Mais Toto apprend à Jean que le fabuleux héritage ne comprend qu’une misérable cabane. N’ayant plus rien à offrir à sa bien-aimée, le jeune homme décide de partir sans la revoir. Mais le Dieu des amoureux veille. Le véritable Gomez, qui s’était fait passer pour mort afin de mettre Miguel à l’épreuve, revient et rétablit sa situation. Enchanté de Jean, qui lui a permis de devenir populaire, il le récompense royalement. Happy end.

— La partition

Acte I
Chœur hindou ; “Quand on sait sur quel pied danser” (Gisèle puis Miguel et le directeur) ; “Si l’amour vient frapper à ta porte” (Jean) ; “Pampanilla” (Jean) ; Duo Jean-Toto “Pour faire de l’auto-stop” ; Ballet “Sur le transatlantique” ; Duo Gisèle-Jean “Moi, si j’étais vous” ; Duo Toto-Colette “D’un coup…pan !” ; Prologue au ballet d’Amphitrite, barcarolle, ballet “au fond des mers” ; “Vous dites ça à toutes les femmes” (Colette et Toto) ; Duo Jean-Gisèle “Comme un rêve” ; “Jour de fête à Pampanilla” et final I

Acte II :
Aubade (chœurs) ; ballet ; “Une simple aventure” (Gisèle) ; “C’est ça l’amour” (Miguel et Carlotta) ;”Jamais je n’oublierai” (Jean) ; “Dans la savana” (chœurs) ; “On prend son temps” (Gisèle) ; Danse “La Fiesta” ; Final II

Fiche technique

Pampanilla
Opérette à grand spectacle en 2 actes et 17 tableaux ; livret de Paul Nivoix, lyrics de André Hornez, musique de Jacques-Henry Rys ; mise en scène de Jacques-Henri Duval ; chorégraphie de Pierre Corday.
Création, théâtre de la Gaîté-Lyrique, le 20 novembre 1954. Avec :
Germaine Roger (Gisèle), Ginette Baudin (Carlotta), Doris Marnier (Colette), Jean Bretonnière (Jean), Maurice Baquet (Toto), Duvaleix (Miguel), Marcel Charvey (Palmiero). Direction musicale, Marcel Cariven.
Editions Chappell

Discographie

Sélection

Jean Bretonnière, Germaine Roger, Maurice Baquet, Duvaleix, Doris Marnier, Ginette Baudin. Direction musicale, Jacques-Henry Rys.
1 disque 33T 25cms Pathé FS 1051

Références

Vous retrouverez  Pampanilla dans “Opérette” n° 165. Si cet article vous intéresse, vous pouvez le consulter en allant sur notre page “Anciens numéros”

Dernière modification: 29/02/2024

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