Miss Helyett

Edmond Audran (1840-1901)

 

Lorsqu’il fait représenter Miss Helyett, Edmond Audran a 48 ans ; il a déjà fait jouer ses plus grands succès : Le Grand Mogol, La Mascotte, Gillette de Narbonne ; il est donc très connu auprès du grand public ; depuis sa création, La Mascotte n’a cessé d’être reprise.

Maxime Boucheron est un auteur ayant écrit pour Léon Vasseur, Edmond Audran et Frédéric Toulmouche, plusieurs fois en collaboration avec Paul Burani. Miss Helyett obtient aux Bouffes un très grand succès ; il y a longtemps que l’opérette n’avait connu des chiffres aussi éloquents : plus de 400 représentations consécutives.
La distribution explique aussi cet accueil ; pas vraiment de vedettes ; on fait confiance à une débutante dans le rôle-titre, Biana Duhamel, « douée d’une voix un peu menue, mais d’une extraordinaire intelligence », d’après Noël et Stoullig ; Montrouge et Mme Macé-Montrouge (respectivement Smithson et la Senora) sont appréciés du public ; ils ont beaucoup donné dans les années 1880 à l’Athénée-Comique qu’ils portèrent à bout de bras et où ils créèrent des spectacles très divertissants. Enfin le rôle de Paul revient au très bon baryton Piccaluga, un des noms les plus omniprésents de la scène d’opérette dans les vingt dernières années du siècle.

Il est de fait que le livret de Miss Helyett, assez tenu, naïf mais sympathique, n’a pas l’intérêt de celui de La Mascotte. Cette histoire gentillette est toutefois agrémentée d’une partition fort agréable.

La dernière reprise parisienne de Miss Helyett date de 1921 (Trianon-Lyrique) d’après le « Bruyas ». Reprise encore régulièrement en province après la guerre, cette opérette a fini par disparaître du répertoire.

L’argument

Acte I

La grande salle du Casino-hôtel de Val-Montois (Pyrénées)
Miss Helyett Smithson est une délicieuse mais excessivement prude petite Américaine de 16 ans et demi. Elle suit les principes édictés par son père, le pasteur Smithson, auteur d’un « Manuel de la Vertu ». Elle fait son entrée dans un costume analogue à celui de l’Armée du Salut et après quelques réflexions désagréables sur l’indécence des danseurs présents sur la piste, elle sort, accompagnée de son père.
Arrive alors Paul, jeune homme apparemment habitué des lieux, qui affirme sans rire, être venu non pas pour s’amuser, mais pour exercer ses talents de peintre. Dans l’établissement résident également le toréador gascon Puycardas et son amoureuse Manuela, surveillés de près par la maman, la senora Fernandez qui ne veut à aucun prix de ce jeune homme pour gendre. Ajoutons James Richter, négociant de Chicago, qui a la bénédiction du papa pour épouser une Helyett plus que réticente.

Rencontre de Helyett et de Paul qui s’étaient connus deux ans auparavant alors que la jeune fille sortait à peine de l’enfance. Évidemment, même si elle ne veut pas l’avouer, elle est amoureuse du peintre.
Helyett s’en va, comme chaque jour, faire sa promenade en montagne. Catastrophe, la jeune fille tombe dans un précipice, sa jupe s’accroche à une branche, un passant la sauve de la chute non sans avoir pu admirer les dessous de la donzelle. Ils ne se reconnaissent pas car elle a eu le temps de cacher son visage avec sa cape avant qu’il disparaisse.
Horrifiée, Helyett raconte le drame à son père et ne voit qu’une solution pour que sa honte soit lavée : épouser le sauveur. Mais qui est-ce ?

Acte II

Le parc du Casino
Les recherches se révèlent infructueuses. Bien entendu le sauveur n’est autre que Paul qui a été impressionné par l’aventure. Il a même dessiné la scène de mémoire.
Smithson qui souhaite en finir conseille à James de dire à Helyett: «Je suis l’homme de la montagne». Le résultat est immédiat : elle l’accepte comme fiancé, sans d’ailleurs qu’il comprenne ses motivations ! Helyett trouve l’album de Paul, mais celui-ci le subtilise avant qu’elle ait pu le feuilleter, ce qui aurait eu pour effet d’abréger le dénouement. Peu après, une maladresse de James fait comprendre à Helyett qu’il n’est pas son sauveur. Une gasconnade de Puycardas, qui veut obtenir les bonne grâces de la senora Fernandez, laisse croire à la jeune fille qu’il est l’homme providentiel. Donc elle l’épousera !

Acte III

La grande salle du Casino-hôtel de Val-Montois
Paul se rend compte qu’il est amoureux d’Helyett et n’apprécie guère son projet d’épouser le toréador. Sous la menace du revolver de Smithson, Puycardas, malgré la fureur de Manuela, se décide à épouser sa fille. Le dénouement approche : Paul et Helyett s’avouent leur amour réciproque et bientôt la vérité éclate. Chacun pourra épouser sa chacune.

La partition

Acte I :  Ouverture ; Valse dansée et quadrille ; Air de Miss Helyett « Le maître qui d’en haut » ; « Pour peindre une femme complète » (Paul puis ensemble) ; Duo Manuela-Puycardas « Je vous vis, vous me subjuguâtes ! » ; Air d’Helyett « Déjà, dans ma plus tendre enfance » ; Duo Helyett-James « Certes, j’aimerais mieux connaître » ; Air de Paul « Que ne puis-je la rencontrer » ; Final I « Alors, conduite par ton père » (Helyett et Smithson).

Acte II : Ensemble des guides « Pour grimper aux Pyrénées » ; Air d’Helyett « Avez-vous vu ramper une lionne » ; Duo James-Helyett « Oui, je suis, par ma foi » ; Duo Helyett-Paul « Ce qui donne à toute femme » ; Trio La senora, Puycardas, Manuela « Reconnaissez en moi la mère de famille » ; Final II « Amis que l’on me félicite »

Acte III : Ensemble « Avez-vous vu ce scandale » ; Trio Manuela, Helyett, Puycardas « Ne suis-je pas celle qui t’aime » ; Duo Puycardas- La senora « C’en est fait » ; Duo Paul-Helyett « Pour que cette image adorée » ; Final III « Ah ah ! quel public admirable ! »

Fiche technique

Miss Helyett
Opérette en 3 actes de Maxime Boucheron. Musique d’Edmond Audran. Création à Paris, théâtre des Bouffes-Parisiens le 12 novembre 1890. Avec :
Mmes Biana Duhamel (Helyett), Saint-Laurent (Manuela), Macé-Montrouge (la senora Fernandez), MM. Piccaluga (Paul), Montrouge (Smithson), Tauffenberger (Puycardas), Janin (James Ritchter), Désiré (Bacarel).

Discographie

Intégrale

Lina Dachary, Claudine Collart, Gabrielle Ristori, Aimé Doniat, Dominique Tirmont, Michel Hamel, René Lénoty ; direction : Marcel Cariven.
2CD Musidisc 202402 (+ pages de La poupée)

Références

Vous retrouverez  Miss Helyett dans « Opérette » n° 83, 109 & 198. Si l’un de ces articles vous intéresse, vous pouvez le consulter en allant sur notre page « Revue “Opérette” »

Dernière modification: 28/02/2024

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