Chevalier du ciel

Chevalier du ciel

Henri Bourtayre (1915-2009) et Jacques-Henri Rys (1909-1960)

 

Pendant et après son triomphe dans Le Chanteur de Mexico, qu’il interprétera environ un an au Châtelet à partir du 15 décembre 1951, (Rudy Hirigoyen reprenant ensuite le rôle), Luis Mariano tourna plusieurs films : Violettes Impériales (1952), La Belle de Cadix (1953), L’Aventurier de Séville (1953), Le Tzarévitch (1954), Quatre jours à Paris (1955). Il faudra donc attendre le 5 octobre 1955 pour qu’on le retrouve sur une scène parisienne, La Gaîté-Lyrique, où déjà il avait connu, en 1947, l’un de ses plus beaux succès : Andalousie.

Après-guerre, Henri Montjoie et son épouse Germaine Roger, qui lui succéda après son décès (1950), alternèrent, sur la scène des Arts et Métiers créations et reprises. Parmi les premières, Chanson Gitane, Andalousie, Symphonie Portugaise, Andalousie déjà nommée, Colorado, Pampanilla et Minnie Moustache ; parmi les secondes, Le Pays du sourire, Les Mousquetaires au couvent, Trois Valses, Les Cloches de Corneville et La Chaste Suzanne.

Le 5 octobre 1955, c’est avec Chevalier du Ciel que Luis Mariano fait sa rentrée parisienne. Pour cet ouvrage, il a abandonné les “espagnolades” de ses précédentes prestations. Il récidivera un peu plus tard avec Visa pour l‘amour avant de retrouver l’Espagne ou le Portugal et ses fastes d’antan (Le Prince de Madrid, La Caravelle d’Or).

Henri Bourtayre et Jacques-Henri Rys furent chargés de la partition, bien dans le style de l’époque. On en retiendra en particulier “Seul”, “Et tout et tout”, “La Valse des amours”, “Mon bonheur s’est enfui”, et bien entendu l’air-titre. L’ouvrage fut très médiatisé. Un roman signé Mariano, fut même édité.

Les répétitions ne furent pas de tout repos nous affirme Joëlle Montserrat (1), le metteur en scène Jacques-Henri Duval ayant dû demander à l’auteur, Paul Colline, des modifications du livret. Malgré les efforts du décorateur Raymond Fost, de Mariano, qui prit des cours de danse, le résultat ne fut pas à la hauteur de l’attente des protagonistes. Francis Blanche, dans le rôle Panette, avait exigé “cinq effets comiques garantis”. En plus, il en rajoutait un peu trop : il apparaissait dans des travestis les plus divers, en brandissant une pancarte “J’aime Mariano”, ou en tricotant une interminable chaussette… Cela fait rire le public, mais Mariano au bout de quelque temps exprima son mécontentement. L’auteur Paul Colline, de son côté, ira même jusqu’à poursuivre le fantaisiste en justice (1).

Quelle a été la carrière de cet ouvrage ? Il semble qu’elle a eu un succès mitigé, bien inférieur à celui des autres deux grands théâtres spécialisés : Châtelet (Méditerranée, Tino Rossi), Mogador (>Les Amours de Don Juan

La création a eu lieu sur la scène de la Gaîté Lyrique le 5 octobre 1955. Concernant les dernières représentations, les avis divergent. On pourrait penser que l’ouvrage a été repris après les vacances, puisque la première représentation de l’opérette suivante (Minnie-Moustache) a eu lieu le 13 décembre 1956.

D’après Christophe Mirambeau (2), elle s’est jouée jusqu’à la fin de la saison 1955/1956 de qui nous amène vers la fin juin (9 mois environ). Pour Daniel Ringold (3), il en est de même. Pour Bruyas (4), par contre, elle se joua toute l’année totalisant plus de 400 représentations (ce qui est mathématiquement impossible, si l’on tient compte de la fermeture estivale). Nous estimerons donc entre 270 et 330 le nombre de représentations de cet ouvrage.

Chevalier du Ciel n’a pas été donné en régions.

Sources
(1) Luis Marianio par Joëlle Montserrat (PAC, 1984)
(2) Saint-Luis par Christophe Mirambeau (Flammarion, 2004)
(3) Luis Mariano, le Prince de lumière par Daniel Ringold (Ed. TF1, 1995)
(4) Histoire de l’opérette en France par Florian Bruyas (Emmanuel Vitte, Lyon

L’argument

Le porte-avion “Le Valeureux” s’apprête à quitter Toulon pour une mission secrète. Deux espions, Gheorgiu et Alexandre, interrogent sans résultat les matelots Panette et Dulure. Tandis que le navire vogue vers Honolulu, le capitaine Broussac et le lieutenant Jean-Louis s’interrogent sur l’identité du mystérieux agent qui cherche à s’emparer des plans des derniers prototypes d’avions.

Le porte-avion “À Honolulu, lors d’une réception, Jean-Louis fait la connaissance de la milliardaire Marilyn. Celle-ci invite Jean-Louis sur son yacht. Le jeune homme sensible au charme de la belle ne résiste pas. En réalité, Marilyn est un mannequin ambitieux engagé comme espionne.

C’est à Tahiti que ces derniers ont prévu d’accomplir leur forfait. Mais ils reconnaissent Panette et Dulure déguisés en maîtres d’hôtel et chargés de les débusquer. Reconnus, ils ont juste le temps de s’enfuir, emmenant avec eux Marylin, sans que Jean-Louis soupçonne la duplicité de celle-ci.

Retour en France. Au cours d’un vol d’essai en Bretagne, l’avion de Jean-Louis prend feu. Blessé, il se réveille à l’hôpital ou il est dorloté par les infirmières. Il apprend qu’il a été sauvé par la jolie Anne-Marie. Un doux sentiment s’empare des deux jeunes gens, mais la venue de Marylin fait fuir Anne-Marie. Se sentant évincée, l’espionne prévient Gheorgiu qui se charge d’intercepter toute correspondance entre la petite bretonne et l’aviateur.

Nous voici maintenant à Fort-de-France. Jean-Louis, par une fausse lettre, apprend le mariage d’Anne-Marie et d’un paysan breton. Les événements se précipitent : Jean-Louis et son avion sont capturés ; libéré il tendra à son tour un piège aux bandits qui seront fait prisonniers par la police. Marylin, malgré ses efforts n’arrivera pas à attendrir Jean-Louis. Les vraies lettres d’Anne-Marie sont récupérées et le jeune homme s’envole aussitôt pour rejoindre sa belle. Les cloches sonnent pour le mariage de Jean-Louis et d’Anne-Marie.

La partition (principaux airs)

Ouverture ; Chœur : “Voilà les chevaliers du ciel” ; « Seul » (Jean-Louis) ; « À Honolulu » ; « Mes paradis » (Jean-Louis) ; « Et tout, et tout » (Marylin, Jean-Louis) ; « Et voilà le résultat » (Marylin, Jean-Louis, Paul Mattei) ; Ensemble des infirmières « Je n’ai pas envie » ; La légende du chevalier (Anne-Marie) ; « J’ai dit si souvent je t’aime » (Jean-Louis, Anne Marie) ; « La Valse des amours «  (Jean-Louis) ; <« Chanson du palace » (Marylin) ; « Mon bonheur s’est enfui » (Jean-Louis) ; « Prière païenne » (Jean-Louis et chœurs) ; « Sans ton amour » (Jean-Louis) ; Chœur « Bing, Beng, cloche carillonne » et final « Les chevaliers du ciel »

Fiche technique

Chevalier du ciel
Opérette en 2 actes, musique d’Henri Bourtayre et Jacques-Henri Rys. Livret de Paul Colline. Mise en scène de Jean-Henri Duval. Chorégraphie de Mary-Jo Weldon. Décors de Raymond Fost. Direction musicale, Maurice Darnell
Création à Paris, théâtre de la Gaîé-Lyrique le 5 octobre 1955. Avec :
Claudine Céréda (Marilyn), Lucie Dolène (Anne-Marie), Ginette Arthaud (mère d’Anne-Marie), Lyna Pretty (Valentine), Luis Mariano (Jean-Louis d’Ascain), Francis Blanche (Panette), Jean-Paul Thomas (Dulure), René Novan (Georghiu Papescu), Henri Despuech (Alexandre Manolescu), ,Maurice Bruot (capitaine Broussac), Christian Asse (Magnali)

Discographie

– 33T 25 cms (Pathé FLEP 323)
– CD Emi 11 extraits (+ bonus : 10 chansons en français ou en espagnol par Luis Mariano)
– CD coffret Marianne Mélodie 081879

Dernière modification 08/03/2024&

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