L’Œuf à voiles

L’Œuf à voiles

ou la Véritable Découverte de l’Amérique par Christophe Colomb

Guy Lafarge (1904-1991)

 

Christophe Colomb : ses débuts sont mal connus. Né vers 1451, il entra au service de la reine Isabelle de Castille vers 1492. On pense qu’il envisageait de se rendre aux Indes en se dirigeant vers l’Ouest. Il obtint de la souveraine trois caravelles. Il quitta Palos le 3 Août 1492 et dut lutter au cours de la traversée contre le découragement de l’équipage. Il aperçut la terre le 12 octobre suivant. Après Guanahani (San Salvador), il aborda à Cuba, puis à Haïti. Il revint en Espagne en mars 1493.
Il devait faire trois autres voyages de septembre 1493 à juin 1496, en 1498, de 1502 à 1504. Au retour du dernier voyage, il ne retrouva pas son crédit auprès du roi Ferdinand.
Christophe Colomb devait disparaître en 1506, sans avoir admis qu’il avait découvert un nouveau continent.

— L’ouvrage

En 1933, Guy Lafarge, se délectait chaque semaine en lisant dans “L’Illustration” “la semaine camique” et les contes loufoques de l’humoriste Cami. En 1933, l’année où il venait de faire représenter au Trianon-Lyrique, Niquette, sa première opérette, il acheta le dernier roman de Cami, L’Œuf à Voiles ou Christophe Colomb : “Je trouvais dans ce roman un véritable livret d’opérette avec ses couplets, ses duos, ses ensembles variés”, devait-il déclarer bien plus tard au journaliste André Gauthier.

Sans trop d’illusions, il écrivit à l’humoriste en lui proposant de mettre son livre en musique. Cami qui avait vu Niquette, lui répondit aussitôt et rendez-vous fut pris. On se mit rapidement d’accord pour travailler ensemble. Guy Lafarge appris à cette occasion que Cami avait bien voulu écrire un livret d’opérette dont il destinait le rôle principal à Dranem. Mais ce dernier tardant à s’engager, il avait décidé de publier le livre comme une sorte de roman “sonore” pensant que le lecteur pourrait, sur chaque couplet, mettre sa petite musique personnelle.
En 1934, Cami et Guy Lafarge travaillèrent deux mois sur Christophe Colomb. L’Œuf à Voiles devait être créé aux Bouffes-Parisiens (dirigé par Albert Willemetz) en 1937 avec Dranem. Malheureusement le fantaisiste disparut en 1936. Le projet fut remis… Puis la guerre vint…

La paix revenue, la santé de Cami se détériora. Souffrant de diabète, il dut être amputé. Ne se sentant plus capable de travailler à nouveau sur L’Œuf, il accepta que Marc-Cab se charge de réaliser le projet avec Guy Lafarge. Cami devait disparaître en 1958. Marc Cab et Guy Lafarge proposèrent le rôle successivement à Jean Richard, Louis de Funès, Jacques Fabbri, Jean Le Poulain. Ils furent tous intéressés. Mais, attirés par le cinéma ou retenus par d’autres engagements, ils remirent à plus tard… Enfin, au hasard d’une conversation avec René Terrasson, alors directeur de l’Opéra de Nantes, le projet prit corps, et se réalisa (1977).

L’Œuf à Voiles fut très bien accueilli à la création, mais sa carrière resta modeste. En effet, les ouvrages ne tournaient pratiquement plus, depuis que Mogador et le Châtelet avaient ou étaient sur le point d’abandonner l’opérette. Et une création dans un grand théâtre de région attirait rarement l’intérêt des autres scènes de province. Ce fut le cas pour L’Œuf à Voiles qui outre Nantes, ne vogua guère qu’à Liège, Verviers et plus tard Strasbourg.

— L’argument

Acte 1

L’action débute à Palos, en Espagne, en l’an de grâce 1492.
Christophe Colomb, matelassier de son état, est accablé de soucis. Il est marié à Séraphina, une mégère acariâtre ; des créanciers envahissants sont suspendus à ses chausses ; sa nièce Colomba s’est entichée d’un lieutenant de la Marine Française, Yves Pimpol, qui ne se préoccupe guère d’elle ; enfin, il cherche, sans y parvenir, le moyen de faire tenir un œuf debout.
Yves Pimpol voudrait rencontrer le mécène qui accepterait de financer l’expédition du siècle, destinée à découvrir l’Amérique. Pour fuir ses tracas, Christophe Colomb décide de joindre ses efforts à ceux du jeune homme. Faute d’argent, les deux hommes ne réussissent qu’à affréter un vieux bateau-lavoir, que le propriétaire met gratuitement à leur disposition à condition d’en rester le capitaine. Affaire conclue. Colomb sera amiral, Pimpol, lieutenant, et quelques matelots à la mine patibulaire complèteront l’équipage.

Malagaga, un Grand d’Espagne échappé de l’asile, qui poursuit Séraphina de ses assiduités, est également du voyage. S’appuyant sur le règlement qui interdit la présence de femmes à bord, Christophe Colomb refuse l’accès de l’embarcation à Colomba et Séraphina qui voulaient se joindre aux vaillants navigateurs.
Madame Philidor Friture, qui, accompagnée de quelques “pensionnaires” fort accortes, voulait profiter de l’expédition pour aller ouvrir une maison accueillante de l’autre côté de l’océan, est également priée de rester à terre.
Tout étant paré, le bateau-lavoir, baptisé à l’unanimité “L’Œuf à Voiles”, quitte le port et vogue vers l’Amérique…

Acte Il

Soixante jours de navigation ont rendu l’équipage de mauvaise humeur. La révolte gronde… La découverte de passagers clandestins fait une heureuse diversion. Colomba, déguisée en matelot, sort de l’entrepont, Madame Philidor et ses filles abandonnent les tonneaux où elles s’étaient cachées. Enfin Séraphina est découverte dans une armoire.

La traversée se poursuit dans de meilleures conditions. Pimpol est maintenant amoureux de Colomba, avec qui il file le parfait amour. Les matelots sont pris en main par les pensionnaires de Madame Philidor, tandis que Séraphina est serrée de près par Malagaga. Et Christophe Colomb cherche toujours le moyen de faire tenir son œuf debout…

Enfin, la terre est en vue. Les hardis navigateurs débarquent dans un décor cubain. Colomb devient l’ami du dictateur local. Hélas, la révolution éclate, et les voyageurs, pour éviter des représailles, doivent reprendre la mer. Ils accostent à New York, un New York parodique, mi-Far West, mi-moderne.
Dans cet univers en folie, les événements se précipitent. Colomb réussit à trouver le moyen de faire tenir son œuf debout. Madame Philidor utilise les charmes de ses pensionnaires pour monter un petit commerce fructueux. Séraphina divorce pour devenir une femme d’affaire avisée. Yves et Colomba se marient… Ces deux derniers, le capitaine et Christophe Colomb sont des sages. Comprenant que cette vie ne mène à rien, ils décident de reprendre la mer pour revenir à Palos…

La partition

Acte I : “Chanson des cardeuses” (les cardeuses) ; “Le coup de foudre” (Colomba et les cardeuses) ; “Un œuf à deux bouts” (Christophe et les cardeuses) ; “Le dernier cardeur” (Christophe) ; “Là-bas… América…” (Yves) ; La jota de Malagaga (Malagaga et Séraphina) ; “Je vais découvrir l’Amérique” (Christophe, Séraphina, chœur) ; Prière des matelots (Baratinos et les matelots) ; Présentation des modèles (musique de scène) ; “Ma Maison” (Mme Philidor) ; Final I (départ pour l’Amérique)

Acte II : Interlude et réminiscence “Là-bas America” (Yves) ; Chanson des matelots de L’œuf à Voiles ; “L’idiot moins le quart” (Malagaga) ; Duo-réminiscence “Le coup de foudre” (Yves et Colomba) ; Présentation des dames (ensemble) ; Interlude et chanson des gens sérieux (Christophe) ; “Le calme plat” (ensemble) ; “Viens donc !” (Colomba) ; “Le débarquement” (ensemble) ; “Chachacha” (musique de scène) ; “La rumba du tabac” (ensemble) ; “Aux U.S.A” (musique de scène) ;”Bye bye America” (Christophe) : Final II

Fiche technique

L’œuf à voiles
Épopée burlesque en 2 actes ; livret de Marc-Cab d’après le roman “sonore” de Cami ; lyrics de Cami et Guy Lafarge ; musique de Guy Lafarge ; orchestration de Jack Ledru ; direction musicale de Guy Condette ; mise en scène de René Terrasson et Jean-Louis Simon ; chorégraphie de Vicente Abad.
Création : Nantes, Théâtre de l’Opéra, le 23 décembre 1977. Avec :
Franz Pétri (Christophe Colomb), Michel Lecocq (Yves Pimpol), André Culié (Malagaga), Albert Pierjac (Baratinos), Robert Sandrey (Ernest Colomb, Ernest Habanera, oncle Sam, présentateur), Jean-Claude Barbier (le capitaine), Odette Lost (Séraphina), Maguy Gauthier (Mme Philidor Friture), Danièle Dinant (Colomba), Evelyne Madelon (Papoula)
Editions Chappell

Discographie

Il n’existe pas d’enregistrement discographique de cette œuvre.

Références

Vous retrouverez  L’Œuf à voiles dans “Opérette” n° 33, 73 178 & 179. Si l’un de ces articles vous intéresse, vous pouvez le consulter en allant sur notre page “Anciens numéros”

Dernière modification: 29/02/2024

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