L’action se situe en 1957 : Cinq jeunes femmes à l’aube de leur mariage étudient avec application un manuel de bonnes manières afin de devenir l’épouse modèle.
Cet outil parfaitement inconcevable de nos jours dépeint avec réalisme la condition féminine que l’on pouvait encore constater dans les années 60.
Fine observation d’une époque révolue scrutée par nos auteurs, cette joyeuse mais cinglante comédie en chansons nous interpelle . Rires et émotion s’y mêlent, fable portée par un formidable quintette d’actrices auxquelles se joint discrètement un pianiste complice et bienveillant.
Notre avis sur la représentation du 4 septembre
Nous saluons une fois encore l’écriture ciselée de Virginie Lemoine – autrice et metteuse en scène – qui nous livre cette pépite théâtrale et musicale.
Personnalité engagée et généreuse, elle nous épate avec cet étonnant texte, brillant hommage à nos mères et à nos grands-mères esclaves de leur maison.
(Il reste certes un important chemin à parcourir pour que le quotidien des femmes soit amélioré ; s’ajoute souvent aux tâches domestiques toujours présentes une vie de travail à l’extérieur qu’il faut en plus gérer !)
Mais nous en sommes persuadés, un optimisme palpable se cache derrière les propos ; ces destins du passé ouvrent la porte à une vie plus juste et adoptée par une société en constante évolution.
La scénographie simple mais efficace sert de cadre à nos infortunées ménagères qui chantent et dansent avec conviction ; leur look sixties est un ravissement.
Entre des numéros musicaux courts mais efficaces, chacune d’entre elles vient nous raconter son histoire. Certaines poignantes, d’autres plus légères, la narration donne un rythme au spectacle quasi cinématographique.
Les musiques de Stéphane Corbin ainsi que la chorégraphie de Sharon Sultan donnent un éclat supplémentaire à cette élégante représentation.

Bravo et merci à Ariane Brousse (Louise), Cloé Horry (Christiane), Nouritza Emmanuelian (Gilberte), Mathilde Moulinat (Marguerite) et à Valérie Zaccomer (Madeleine) pour leurs touchants mais indispensables témoignages!
À méditer d’urgence…
Philippe Pocidalo
4 septembre 2026

