Le 66 !

Jacques Offenbach (1819-1880)

 

Le 66 !  fut joué pour la première fois le 31 juillet 1856 sur la scène des Bouffes-Parisiens. Il appartient à la série des ouvrages à trois, puis quatre personnages seulement, auxquels le privilège des théâtres réduisait alors Offenbach.
C’est une de ces paysanneries comme Offenbach en a produit plusieurs dans sa carrière. Si Le Mariage aux Lanternes est le titre le plus cité, Le 66 ! n’est pas moins intéressant et derrière la bergerie se profile la peinture impitoyable de la façon dont la richesse peut pervertir l’homme.
Il s’agit donc une pièce douce-amère, où la musique oscille, comme toujours chez le compositeur, entre la danse au rythme envoûtant et la mélancolie.

L’argument

La scène se passe sur une route de campagne, près de Stuttgart. Deux jeunes tyroliens, Grittly et son cousin Frantz sont en route pour Strasbourg où la jeune fille va rejoindre sa sœur Madeleine. Celle-ci, mariée et mère d’une nombreuse famille, a perdu son mari, disparu en mer, et les jeunes gens sont partis assister la pauvre veuve. Frantz a acheté un billet de la loterie de Vienne. S’il gagne, que de choses ne fera-t-il pas avec son argent !
Les voyageurs rencontrent un colporteur, Berthold, un de ces ambulants qui vendent littéralement de tout ; il procure à Frantz la liste des numéros gagnants de la loterie ; parmi ceux-ci figure le n° 66. Victoire ! Frantz a gagné 100 000 florins. La tête lui tourne, il veut se payer tout ce qui lui fait envie. Berthold lui avance l’argent et il jette la guitare de Grittly dans le ravin proche, pour filer ensuite en ville. Grittly pleure sa guitare brisée.

Frantz reparaît, vêtu avec une grotesque élégance. Il se montre fat et prétentieux et Grittly le trouve cocasse, à sa grande fureur. Dispute des deux amoureux. Grittly veut s’en aller mais en est empêchée par Berthold subitement réapparu. Frantz constate avec horreur que son numéro n’est pas le 66 mais… le 99. Heureusement que Berthold déclare être le mari que la sœur de Grittly croyait mort. Il est riche ! Tous trois iront chercher Madeleine à Strasbourg, pour rentrer après, bien joyeusement, dans leur Tyrol natal.

D’après Robert Pourvoyeur

La partition

Introduction et duo “Libre et joyeux par le monde” (Frantz-Grittly) ; Romance “En apprenant cette détresse” (Frantz, Grittly) ; Air “Voilà le colporteur !” (Berthold) ; Trio “Et maintenant, lisez-nous ça” (Frantz, Grittly, Berthold) ; Couplets “C’était la compagne fidèle” (Grittly) ; Couplets “Cocass’, cocass’ !” (Frantz, Grittly) ; Trio “O Ciel ! Est-il possible ?” ; Final “Ah, quel bonheur de se retrouver ensemble” (Frantz, Grittly, Berthold)

Fiche technique

Le 66 !
Opérette en 1 acte de Philippe Pittaud de Forges & Laurencin [pseudo de Paul-Aimé Chapelle]. Musique de Jacques Offenbach.
Création à Paris, théâtre des Bouffes-Parisiens, le 31 juillet 1856. Avec :
Mlle Mareschal (Grittly), Gerpré (Frantz), Guyot (Joseph Berthold)

Discographie

Sandrine Buendia, Pierre-Antoine Chaumien, Armando Noguera. Dir. Michael Alexander Willens
2 CD cpo 555 585-2 (avec Le Violoneux d’Offenbach)

— Références

Vous retrouverez  Le 66 !  dans “Opérette” n° 52. Si cet article vous intéresse, vous pouvez le consulter en allant sur notre page “Anciens numéros”

Dernière modification: 09/03/2024

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