La Chanson de Fortunio

La Chanson de Fortunio

Jacques Offenbach (1819-1880)

 

Offenbach évoquait souvent l’époque où, jeune chef d’orchestre, il accompagnait les grands textes à la Comédie Française et parmi eux, Le Chandelier, pour lequel il avait composé sur les vers de Musset un air destiné au comédien Delaunay. Hélas ! l’interprète se montra incapable de le chanter correctement et au bout de quelques représentations, Delaunay abandonna la chanson qui fut sagement rangée dans un carton.
Un jour de décembre 1860, Hector Crémieux et Ludovic Halévy font à Offenbach la surprise de lui confier le texte d’un ouvrage qui, sans être précisément une suite à l’œuvre de Musset, met en scène, quelques décennies plus tard, le personnage de Fortunio.

Fortunio a vieilli, il a remplacé M° André et, comme lui, a épousé une jeune et jolie personne. Malgré ses craintes et son expérience, il ne pourra éviter de se retrouver dans la même situation que son prédécesseur.

Offenbach se met au travail, modifie «sa» chanson pour la rendre plus chantante afin d’atténuer l’accent un peu trop méridional de la divette, Mlle Pfotzer ; il compose en peu de temps une partition d’une qualité telle qu’elle est entièrement bissée le premier soir. Meyerbeer affirmait « J’aurais aimé avoir fait cette ravissante partition ».

Pour mémoire, rappelons qu’en 1907, André Messager a mis en musique l’œuvre de Musset. Ainsi La chanson de Fortunio de Jacques Offenbach est également le complément lyrique, avant la lettre, de l’œuvre de Messager.

— L’argument

Fortunio ventru et vieillissant, successeur de M° André, a épousé la jeune et jolie Laurette. Se rappelant son expérience passée, il a la hantise que soit retrouvée la chanson qui lui a permis jadis de séduire la belle Jacqueline. C’est du moins le postulat que Crémieux et Halévy ont inventé comme facteur déterminant de l’intrigue (dans la pièce de Musset, c’est le dévouement et l’amour désintéressé de Fortunio allié à la goujaterie de Clavaroche qui séduisent Jacqueline).
Donc, le timide Valentin, clerc de notaire de son état, aime passionnément Laurette. Ses collègues plus anciens connaissent évidemment l’histoire du vieux notaire. La chanson grâce à laquelle Fortunio a séduit Jacqueline ne pourrait-elle pas opérer son charme une fois encore ? Le petit clerc Friquet la cherche, Valentin la trouve. Tous la fredonnent et c’est le miracle : Laurette tombe dans les bras de Valentin au grand dam de Fortunio qui, lui, au contraire de M° André, ne pourra ignorer son infortune.

La partition

Ouverture ; « Mais en vérité l’on dirait » (Laurette) ; Ensemble « Il est parti » ; « Ma chère eau pure » (Valentin) ; « C’est moi qui suis le petit clerc » (Friquet) ; Ensemble « Notre patron possédait la voix » ; « Je l’aime, je l’aime » (Valentin) ; « Par-devant M° André » (Valentin et Friquet) et ensemble « Toutes les femmes sont à nous » ; « Allons, allons, venez là » (Laurette, Valentin) ; La chanson de Fortunio « Si vous croyez que je vais dire » (Valentin) ; Final « Si vous croyez que vais dire ».

Fiche technique

La Chanson de Fortunio
Opéra-comique en 1 acte de Hector Crémieux et Ludovic Halévy, musique de Jacques Offenbach. Création à Paris, théâtre des Bouffes-Parisiens, le 5 janvier 1861. Avec :
Mlle Pfotzer (Valentin, rôle travesti), Mlle Chabert (Laurette), Désiré (Fortunio), Bache (Friquet)
Catalogue Heugel (aujourd’hui repris par Alphonse Leduc)

— Discographie

Sélection

Michel Hamel (Valentin), Lina Dachary (Laurette), Raymond Amade (Friquet), Freda Betti (Babet), Lucien Lovano (M° Fortunio), Aimé Doniat (Guillaume), Robert Destain (Landry), Jacques Pruvost (Sylvain), Pierre Saugey (Saturnin). Orchestre lyrique de l’ORTF, direction Jean-Claude Hartemann
Musidisc 201382 (1CD) (+ Madame l’Archiduc) & Bourg 2007  (1 V)(1 face), au verso: Lischen et Fritzchen & Bourg BGC 14 (+ Lischen et Fritzchen + La leçon de chant électromagnétique) (1 CD)

Références

Vous retrouverez La Chanson de Fortunio dans « Opérette » n° 64, 154 & 159. Si l’un de ces articles vous intéresse, vous pouvez le consulter en allant sur notre page « Revue “Opérette” »

Dernière modification: 27/02/2024

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