Frédéric Barbier (1829-1889)

Frédéric Barbier (1829-1889)

La seconde moitié du XIXe siècle voit une étonnante floraison de compositeurs d’opéras bouffes, d’opéras-comiques, d’opérettes, de vaudevilles-opérettes ou de scènes chantées. Les plus célèbres, Offenbach, Hervé, Lecocq, Audran, Varney, Planquette et Messager… À leurs côtés on trouve une grande quantité d’artistes aujourd’hui complètement oubliés mais qui ont connu une certaine célébrité grâce à de petits ouvrages donnés la plupart du temps dans les théâtres secondaires et sur les scènes des café-concerts tels que l’Alcazar, l’Eldorado, la Scala… Citons entre autres, Antoine Banès, Jules Bovery, Francis Chassaigne, Auguste Coedès, Edmond Diet, Paul Henrion, Emile Jonas, Eugène Poncin, Frédéric Toulmouche… Parmi ces derniers, il faut inclure Frédéric Barbier qui a tenu une place particulière avec plus de cent oeuvres lyriques, dont quelques petits actes sont encore parfois repris, ouvrages donnés dans une bonne vingtaine de salles, depuis les théâtres d’opérette jusqu’aux aux cafés-concerts et music-halls.

Des début rapides

Frédéric-Étienne Barbier naît le 15 février 1829 à Metz mais c’est à Bourges qu’il fait des études littéraires tout en suivant les leçons de solfège, d’harmonie, de contrepoint et de piano d’Henry Darondeau (1), organiste de l’une des églises de la ville. Le père de Frédéric, officier du génie, souhaite l’inscrire à l’Ecole Polytechnique, dont il est lui-même issu, mais le jeune homme préfère entrer dans une école d’administration nouvellement créée en 1848 mais dissoute quelques mois plus tard ; il se réoriente alors vers des études de droit, tout en continuant à pratiquer la musique. Il peut ainsi faire représenter en 1852 dans sa ville, un petit opéra-comique en un acte, Le Mariage de Colombine, sans doute bien reçu, ce qui l’incite à vouloir se produire à Paris.

Darondeau, qui possède de nombreux contacts parmi les artistes de la capitale, le recommande à Edmond Séveste, le directeur du Théâtre-Lyrique. Cette salle, la troisième de la capitale, créée quelques années plus tôt par Adam, permet aux jeunes compositeurs à qui l’Opéra et l’Opéra-Comique sont inaccessibles, de se faire jouer. Barbier y rencontre Adolphe Adam, un ami de son professeur, qui le prend sous sa protection, lui donne des conseils, des leçons particulières et intervient pour la réception d’un premier ouvrage. Il s’agit d’Une nuit à Séville, opéra-comique en un acte de Nuitter et Beaumont (14 septembre 1855) et suivi, un an plus tard, de Rose et Narcisse, ouvrage du même genre et des mêmes librettistes (le 21 novembre 1855).
La voie semble bien tracée pour une carrière de compositeur lyrique mais pendant un peu plus de deux ans on perd sa trace jusqu’à ce qu’on le retrouve à l’affiche des Folies-Nouvelles puis de bien d’autres salles.

LES THEATRES D’OPERETTE

Les Folies Nouvelles
Ce célèbre théâtre, d’abord un café-concert, devient en 1854, sous l’impulsion de Hervé, une salle de spectacle appelée Les Folies-Concertantes puis Les Folies-Nouvelles. En 1859, Hervé la cède à la célèbre comédienne Virginie Déjazet qui la rebaptise de son nom et la dirigera jusqu’en 1870.
Barbier y donne successivement les opérettes en un acte : Le Pacha, Francastor, Le Page de Madame Malborough, Le Faux Faust, en 1858 ; puis en, 1859, Docteur Tam-Tam, Monsieur Deschalumeaux, Le Grand roi d’Yvetot, un vaudeville-pantomime en 3 actes. S’y ajoutent en 1860 ; France et Savoie, une cantate qui célèbre le rattachement de cette province à la France, et une parodie, Panne aux airs donnée en 1861. On le reverra encore quelques fois dans ce théâtre avec Le Loup et l’agneau (1862), Simon Terre-Neuve (1863) et Deux permissions de dix heures (1864),

Les Bouffes Parisiens
La salle d’Offenbach, désormais tenue par Alphonse Varney, accueille tout d’abord Madame Pygmalion, opérette-bouffe en un acte de Tourte et Adenis qui est bien accueillie le 6 février 1863 :
Clorinde, artiste peintre, conçoit une folle passion pour l’image d’un affreux Turc qu’elle vient de peindre. Sa camériste et son amoureux s’amusent à ses dépens en transformant la toile en tableau parlant, et achèvent de lui faire perdre la tête. « La ronde de l’émir » est le morceau à succès de la pièce.
Deux ans plus tard, le 16 février 1865, suivent Un congrès de modistes, un acte bouffe de Laurencin puis, le 21 octobre 1866, Une Femme qui a perdu sa clef.

Les Fantaisies Parisiennes
Établie sur le boulevard des Italiens en 1864, cette salle alterne créations et reprises d’ouvrages légers de Poise, Duprato, Hérold, des deux Boieldieu, Delibes, Philidor, Jonas, Gluck… ainsi que des pantomimes. Fermée en 1869, elle sera rouverte en 1878 sous le nom de Théâtre des Nouveautés. Barbier y connaît plusieurs succès nets.
Les Oreilles de Midas, opéra-comique en 1 acte, est créé le 21 avril 1866 :Barbier verrou
Dans cette opérette mythologique, le roi Midas doit départager Apollon et Pan qui s’opposent dans un concert. Ayant décerné la palme à Pan, Apollon, furieux dote le roi d’oreilles d’âne que ce dernier essaie de cacher. Une indiscrétion de son barbier dévoile ce secret aux nymphes. Parmi celles-ci, Danaé, dont le roi voudrait faire sa compagne, est courtisée par le berger Acis qui projette de l’enlever. Midas décide de faire noyer le jeune homme dans le Pactole, fleuve qui transforme en or tout ce qu’on y plonge, mais le berger se révèle être Apollon lui-même. Par amour pour Daphné, le dieu pardonne à Midas et le délivre de ses oreilles.
Le livret jugé drôle, la musique trouvée agréable et les acteurs appréciés justifient le succès.

– Deux mois plus tard, le 19 juin 1866, création de Don Juan de fantaisie. Dans cette parodie on retrouve Don Juan, Leporello, Zerline, Doña Na Na ! mais aussi quatre Commandeurs, idée originale qui amusa beaucoup, avec l’arrivée sur scène de quatre Commandeurs accourant de l’Opéra, du Théâtre Lyrique, des Italiens et du Théâtre Français pour provoquer le Don Juan des Fantaisies Parisiennes.

Les légendes de Gavarni, opéra-comique en 3 actes sur un livret d’Hippolyte Lefebvre, est une bouffonnerie de carnaval :
Une maison du quartier latin abrite en même temps l’étude d’un notaire et un atelier de peinture. Clercs et rapins festoient ensemble et forment le projet de passer la nuit du mardi gras au bal masqué. Ils mettent leurs vêtements au Mont-de-Piété pour louer des déguisements. Un ancien noceur de Senlis tenant à marier sa fille avec l’un des jeunes gens les poursuit au bal où il les enivre ; s’ensuit une belle pagaille et des dégâts que les jeunes hommes doivent payer. Ruinés, ils ne peuvent récupérer leurs habits et c’est en costumes de carnaval qu’ils regagnent leur étude où tout finit par s’arranger.
Cette pièce plaisante dotée d’une musique, vive, pleine de variété, contenant de jolis pastiches et de piquantes parodies d’airs célèbres, et de plus portée par le brio des interprètes, est créée avec succès le 29 janvier 1869.

Le Soldat malgré lui, opéra-comique en 2 actes dont les librettistes sont les jeunes Chivot et Duru, est donné le 19 octobre 1868 :
Christian, grand-duc d’Oldenbourg, rêve de posséder une armée de soldats au physique irréprochable. Rencontrant un garçon de ferme répondant à ce critère, il lui propose de devenir militaire. Mais celui-ci, qui vient de se fiancer et qui déteste le métier des armes, refuse. Incorporé malgré lui, il décide de se faire rayer des cadres en faisant sottise sur sottise : il se révolte, bat ses camarades, brise le mobilier, déserte… mais à chaque fois il récolte un nouveau galon. Ayant appris pour quelle raison il se rebelle, le grand-duc consent à le marier à celle qu’il aime et tout s’arrange.
Ce sujet original aux situations drôles, relevé par une musique pétillante, toujours mélodique dans laquelle on remarque des chœurs bien traités, une tyrolienne et des couplets bouffes, connaît là encore un franc succès.

Les Folies-Marigny
Installé sur les Champs-Élysées, ce petit théâtre accueille d’abord les spectacles de physique amusante du prestidigitateur Lacaze à qui Offenbach rachète la salle en 1855 pour y installer ses premiers Bouffes-Parisiens. Après divers propriétaires dont Debureau, le fils du célèbre mime, et Céleste Mogador, il devient en 1865 les Folies-Marigny. Il sera rebâti en 1883 par Garnier qui en fait un diaporama et redeviendra le Théâtre Marigny en 1894.
Barbier y donne des ouvrages en un acte : Versez, Marquis, et La Cigale et la fourmi (avril et mai 1862), Les Trois Normandes et La Gamine du village (mars et juillet 1863), puis en 1864, Achille chez Chiron

Théâtres divers
Frédéric Barbier distille encore ses ouvrages dans bien des salles sur lesquelles on passera plus rapidement.

-Tout d’abord au Chalet des Iles, au Bois de Boulogne avec : Les Amours d’un Shah, 2 actes, joués pour l’inauguration de la salle, en juin 1861, et Flamberge au vent, 1 acte donné en août 1861.

Barbier Flamberge au vent 2

– Au Théâtre Saint-Germain : Adenis ; au Théâtre Cluny : La Bouquetière de Trianon, les deux en 2 actes et en 1864.
– Au Théâtre-International, scène éphémère bâtie au Champs de Mars pour l’Exposition Universelle de 1867 (2) . Barbier, qui en est le chef d’orchestre, donne Gervaise ou Qui a bu boira, opéra-comique en 1 acte moyennement applaudi mais néanmoins repris 5 mois plus tard aux Folies-Parisiennes.
– Regroupons le Théâtre de la Porte Saint-Martin et celui des Délassements-Comiques ou s’enchaînent, si je puis dire, deux pièces liées à l’actualité de la Guerre de 1870 : Le Siège de Paris, le 4 janvier 1871 dans le premier, et Tu vas me l’ payer, Bismarck, le 22 janvier suivant dans le second.
– Les Variétés, avec Mam’zelle Rose, vaudeville en un acte donné en 1874.
– Terminons avec Les Bouffes-du-Nord qui montent Le Carnaval des épiciers, un opéra-comique en 3 actes (1877)

En fait, depuis fin 1868, Barbier déserte de plus en plus les salles d’opérette traditionnelles pour se consacrer essentiellement aux lieux de spectacles populaires, “jetant sa musique à tous les vents” pour reprendre l’expression d’Albert de Lasalle (Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877).

CAFÉS-CONCERTS ET MUSIC-HALLS

Dans ces salles, on alterne récitals de nombreux chanteurs et chanteuses, pantomimes, numéros d’illusionnistes et souvent la soirée se termine par une opérette en un acte dans laquelle paraissent des chanteurs ayant pu se faire remarquer dans un tour de chant quelques minutes plus tôt. Les livrets, souvent dus à des librettistes maison comme Villemer, Delormel, Péricaud, Blondelet, Liorat… qu’on retrouve également comme fournisseurs des textes de chansons et romances, ces livrets donc, ne comportant que deux à cinq personnages, s’avèrent souvent assez sommaires, en prise avec l’actualité sociale, politique ou artistique, quand ce ne sont pas de simples paysanneries destinées à satisfaire un public facile. Quant à la partie musicale, elle se résume à cinq ou six numéros précédés d’une ouverture.
Le plus important de ces lieux de spectacles est alors l’Eldorado.

Barbier EldoradoL’Eldorado
Ouvert en 1858 boulevard de Strasbourg, l’Eldorado se veut un lieu luxueux dont l’essor ne se fera vraiment qu’à partir de 1861. On y voit paraître les grandes vedettes de l’époque, Thérésa, Paulus, la belle Christienno, et bien d’autres dont les noms sont aujourd’hui oubliés mais aussi de nombreuses débutantes prometteuses si bien que ce caf’conc’ est rapidement surnommé « la pépinière des vedettes ». C’est en effet là qu’ont débuté, avant d’être engagées par Offenbach ou Lecocq : Anna Judic, Théo, Julie Beaumaine, Milly Meyer ou Méaly. Un certain nombre de compositeurs de musique légère y ont également fait leurs débuts comme Bernicat, Victor Roger, Gustave Goublier, Francis Chassaigne, Antoine Banès ou Robert Planquette qui y donna 5 ouvrages. Plusieurs y furent même chef d’orchestre comme Hervé ou Frédéric Barbier.

Pendant plus de sept ans, ce dernier se consacre totalement à l’Eldorado composant une bonne quarantaine de pièces, à raison de quatre ou cinq par saison. “On peut regretter, comme l’indique un critique de l’époque,que Frédéric Barbier, qui est bien doué au point de vue de l’imagination, qui a de la verve et qui sait écrire, ait ainsi gaspillé ses forces sans profit pour son nom, tandis qu’il aurait pu sans doute , avec un peu moins de fièvre et de hâte dans la production, acquérir une situation plus enviable.”
Parmi les premières citons Le Souper d’Arlequin (décembre 1868) et Balladine et Casquenfer (janvier 1869). L’action de ce dernier ouvrage se passe dans les coulisses d’un théâtre désert :
Arrivée trop tard à la répétition de la grande tragédie “Le Retour d’Agamguenon”, la chanteuse Balladine demande à Casquenfer, le pompier de service au vocabulaire des plus approximatifs, de lui donner la réplique. Celui-ci, qui rêve de devenir acteur, ne demande pas mieux et, de répliques en couplets, les deux jeunes gens projettent d’unir leurs existences sur un air de polka endiablé.(3)

Il n’est pas possible de citer toute la production de Barbier à l’Eldorado mais résumons-là à quelques titres : Un Souper chez Mlle Contat, La Baronne de Haut Castel, Marion de l’Orme, Le Champagne de ma tante, La Poupée automate, Les Points jaunes, On demande un pitre, La Fermière et son garçon, La Nourrice d’Hercule, Le Mariage au gros sel

Barbier mariage

Arrêtons-nous un instant sur deux autres ouvrages.
– Fermé le dimanche est une saynète dont l’intrigue s’appuie sur une loi votée en 1868 obligeant de nombreux commerces à fermer le dimanche.
Les deux héros de la pièce, un homme et son épouse, les Bominet, savourent ce repos dominical obtenu après bien des luttes syndicales mais ils déchantent vite en réalisant que le barbier, l’épicerie voisine, le rôtisseur le restaurant… sont fermés. Il ne leur reste qu’à dîner, au son d’une valse entraînante, d’un radis noir et d’un vieux morceau de bœuf. Déconfit, le mari espère ensuite passer un bon moment avec sa femme mais celle-ci se retire dans sa chambre en lui annonçant : “Fermé le dimanche !” Heureusement pour l’époux, la résolution de sa dame ne tient pas bien longtemps.(4)

Les deux choristes, opérette bouffe de Péricaud et Delormel (11 septembre 1875) met en scène deux choristes se reposantBarbier Deux choristes pendant un entracte, un ténor et une basse dont la bêtise égale la suffisance.
Chacun se vante de ses performances ; ainsi, la basse prétend avoir triomphé dans une œuvre ridicule donnée à Carcassonne tandis que le ténor est fier d’avoir remplacé, à Montélimar, le grand air des Huguenots de Meyerbeurre (sic) par une tyrolienne, ce qui incite la basse à pousser lui aussi une tyrolienne… funèbre. Ils ne tardent d’ailleurs pas à se quereller à propos de la maîtresse de l’un qui est devenue la femme de l’autre et, chacun voulant prouver ses qualités, se lancent dans un grand duo citant les grands airs du répertoire parmi lesquels on reconnaît fugacement L’Œil crevé, La Belle Hélène, Faust, Le Postillon de Lonjumeau, Le Barbier de Séville, Le Carnaval de Venise, La Fille de Mme Angot, le Freischütz, la Muette de Portici… avant que le régisseur ne les rappelle en scène pour la suite du spectacle.
Là encore on trouve une excellente musique de Barbier qui en fait une de ses œuvres reprises de temps à autre.(5)

L’Alcazar

L’Alcazar ouvre presque simultanément que L’Eldorado, en 1858, mais rue du Faubourg-Poissonnière. La salle est décorée dans le “style mauresque”, cependant elle s’avère des plus étouffantes en été si bien que son directeur, Arsène Goubert, rachète un café des Champs-Élysées pour y donner des spectacles en plein air. Il le rebaptise Alcazar d’été, du coup la première salle devient l’Alcazar d’hiver.
À partir de 1875, Barbier délaisse un temps l’Eldorado pour y donner une quinzaine d’ouvrages : La Fête de Madame Denis, Les Pifferari, un ballet, Un Scandale à l’Alcazar, Une Noce d’Auvergne (en 1875), La Clé du sérail, co-écrite avec Robert Planquette, Les Bayadères de Bagnolet, Les Canotiers de Bougival, Les Coulisses de l’Alcazar, (1876).
– Détaillons un peu Les Cent mille francs du ténor, de Baumaine et Blondelet pour le livret, opérette-bouffe donnée à L’Alcazar d’été également en 1876. :
La scène se déroule dans l’appartement de madame Théodorine, qui pense être veuve, depuis dix ans, d’un ténor qu’elle croit dévoré par un crocodile. Elle reçoit alors un chanteur des rues qui a su l’émouvoir avec une tyrolienne et une romance et l’invite à partager son dîner dont le menu est détaillé sous forme de valse. Le chanteur, nommé Roupioupiou, se laisse aller à des confidences. Bien que sans le sou, il possède un diamant coté 100 000 francs dont il ne peut profiter car il l’a avalé dix ans plus tôt, quand il était chanteur aux îles Sandwich. Bientôt, ils réalisent, grâces à des photos et des signes anatomiques précis, qu’ils sont mari et femme. Et comme le diamant est récupéré, ils ont tout pour être heureux !
Cet ouvrage est dirigé par Barbier lui-même qui, depuis 1873, est avec Henry Litolff, co-chef de l’orchestre de l’Alcazar d’été qui s’enorgueillit de 70 musiciens.

Il y produit encore Les Écuyers de Pont-à-Mousson, Les Orientales, un ballet, Mam’ Nicolas (1877), La Noce à Suzon (1880) avant de retourner à L’Eldorado qu’il alimente jusqu’en 1883.

Autres scènes
Frédéric Barbier a également fréquenté :
– Les Folies-Bergère, avec La Sœur de Pierrot (1868) et Mademoiselle Pierrot (1869)
– Les Ambassadeurs avec Faust et Marguerite, donné en 1869 juste après l’arrivée à l’Opéra de la deuxième version du Faust de Gounod, et cette saynète commence bien sûr par un “air des bijoux”.
Barbier Supplice de Tantale– Le Bataclan, avec Paris qui marche, une pantomime (1870)
– Les Folies-Belleville avec Les Chevaliers du cœur saignant (1872) et J’te vas tuer, opérette en 3 actes (1873)
– Le Concert du XIXe siècle avec Deux parfaits notaires (1878)
– Et enfin La Pépinière où il donne 4 ouvrages :
Le Supplice de Tantale, livret de Emile Durafour, un acte donné en 1882 :
Octavie Godichard querelle vertement son mari Arthur car il s’est encore enivré au café avec son ami Bécavin. Comme il est prêt à remettre ça, elle l’attache et le bat avec un martinet, puis lui offre une bouteille de bon vin que ses liens l’ empêchent de boire ; c’est le supplice de Tantale annoncé dans le titre. Pendant que sa femme s’absente un instant, Arthur réussit à se détacher mais, désireux de se venger, feint d’être toujours entravé lorsqu’elle revient. Puis il l’attache à son tour et la menace du martinet avant de lui annoncer son départ. Octavie se fait alors si humble, si suppliante qu’il lui rend la liberté en lui promettant de ne plus boire, tout en se réservant le droit de changer d’avis à la première occasion.(6).
Cet acte est suivi de J’ vais r’trouver ma femme (1882) L’Automate (1883) et Les Farces de Toto (1887).

Baissez le rideau

Gravement malade, Frédéric Barbier ne produit plus. Désireux d’assurer un avenir à sa compagne, Alexandrine Laubier, il l’épouse le 6 novembre 1888, mais son état de santé oblige à célébrer la cérémonie à son domicile, 11 boulevard du Temple, à Paris, où il s’éteint le 12 février 1889, à 59 ans.
Presque complètement oublié aujourd’hui, Frédéric Barbier a pourtant une œuvre considérable à son actif. En effet, outre les opérettes et ballets dont nous venons de parler, on lui doit encore 300 romances, mélodies et chansonnettes, des duos et des chœurs pour voix d’hommes, de nombreux morceaux de musique de danse pour le piano : valses, polkas, mazurkas, galops… des marches de concert et des fantaisies pour orchestre sur des thèmes d’opéras. Notons enfin que lors de son arrivée à Paris, au début des années cinquante, il s’essaya à la critique musicale dans de petits journaux comme l’Avenir musical (en 1853) et L’Indépendant dramatique.

Article de Bernard Crétel paru dans “Opérette” n° 166. Si cet article vous intéresse, vous pouvez le consulter en allant sur notre page “Anciens numéros”

(1) Henry Darondeau ou Henry Beno François d’Arondeau (1779 – 1865). Trois de ses ballets furent donnés au Théâtre de la Porte Saint-Martin ; il fut aussi compositeur et arrangeur pour le théâtre des Variétés, passa une partie de sa vie à Bourges où il donna des concerts, des leçons de piano et tint l’orgue d’une des paroisses de la ville avant de revenir à Paris.
(2) À la fin de l’exposition, ce théâtre fut détruit et ses matériaux servirent à la construction du théâtre de La Gaîté Montparnasse.
(3) Cette opérette-bouffe fut reprise en 2008 par la Compagnie des Délassements Comiques à l’Espace La Comedia.
(4) Fermé le dimanche, ainsi que Les Deux choristes et Les 100 000 francs du ténor ont été enregistrés dans les années 1956 – 57 par les chanteurs de la RTF sous la direction de Marcel Cariven ; les deux premiers ont été rediffusés sur France Musique en juillet 2012.
(5) Les Deux choristes ont été donnés à Orchies en décembre 2011, à Barie en août 2012 et à Bordeaux en septembre 2012.
(6) Le Supplice de Tantale a également été repris à Barie en août 2012.

— Œuvres lyriques

Légende : oc = opéra-comique, opé = opérette, ob = opéra-bouffe, opé-par = opérette-parodie, opé-b = opérette bouffe, sc = scène, sc com = scène comique,  pays mus = paysannerie musicale, v = vaudeville, sayn = saynette, sayn-b = saynette-bouffe, tabl lyr = tableau lyrique, pant = pantomime, ball = ballet, bm = bouffonnerie musicale, fant = fantaisie
Le chiffre indique le nombre d’actes.

Création Titre Auteurs Nature Lieu de la création
1852 Mariage de Colombine (Le) ? oc 1 Bourges, Théâtre)
1855
14 sept
Nuit à Séville (Une) Nuitter (Charles), Beaume (Alex.) [sous pseudo Beaumont (L.A.)] oc 1 Paris, Th. Lyrique (Bd du Temple)
1855
21 nov
Rose et Narcisse Nuitter (Charles), Beaume (Alex.) [sous pseudo Beaumont (L.A.)] oc 1 Paris, Th. Lyrique (Bd du Temple)
1858
24 mars
Pacha (Le) Nuitter (Charles) opé 1 Paris, Folies-Nouvelles (Déjazet)
1858
22 mai
Francastor, le beau tambour-major Labottière (Gustave), Lafont (Achille) [= Eyraud (Achille)] opé 1 Paris, Folies-Nouvelles (Déjazet)
1858
28 oct
Page de Madame Malborough (Le) Vierne (Edouard) [=Verne (Jules] opé 1 Paris, Folies-Nouvelles (Déjazet)
1858
18 nov
Faux Faust (Le) [1] Gaboriau (Emile), Commerson (J.L.A.) ope-par Paris, Folies-Nouvelles (Déjazet)
1859
5 mars
Docteur Tam-Tam (Le) Tourte (Francis) opé 1 Paris, Folies-Nouvelles (Déjazet)
1859
28 sept
Monsieur Deschalumeaux Perée (Gustave), Bridault (Charles) opé 2 Paris, Déjazet
1859
29 nov
Grand Roi d’Yvetot (Le) Vanderburch (Louis Emile), Guinon (Albert) v-pant 3 Paris, Déjazet
1860
14 juin
France et Savoie Bridault (Charles) cantate Paris, Déjazet
1861
30 mars
Panne-aux-Airs Clairville (Louis François) [Nicolaïe, dit] parodie Paris, Déjazet
1861
13 juin
Amours d’un Schah (Les) Perée (Gustave), Bridault (Charles) opé 2 Paris, Chalet des Iles
(Bois de Boulogne)
1861
3 août
Flamberge au vent Stenne (Georges), Nuitter (Charles) opé 1 Paris, Chalet des Iles
(Bois de Boulogne)
1862
19 avr
Versez, Marquis! Bouvier (Alexis), Prével (Edouard) opé 1 Paris, Th. (Féérique) des Champs-Elysées
1862
28 mai
Cigale et la fourmi (La) Eyraud (Achille) opé 1 Paris, Th. (Féérique) des Champs-Elysées
1862
30 sept
Loup et l’agneau (Le) Chol de Clercy (Hippolyte), Messant (Hippolyte) opé 1 Paris, Déjazet
1863
6 fév
Madame Pygmalion Adenis (Jules), Tourte (Francis) opé-b 1 Paris, Bouffes-Parisiens (Choiseul)
1863
21 mars
Trois normandes (Les) Mercier (Pol) opé-b 1 Paris, Th. (Féérique) des Champs-Elysées
1863
15 juil
Gamine du village (La) Bouvier (Alexis) opé 1 Paris, Folies-Marigny
1863
9 oct
Simon Terre-Neuve Colombet, Polo (Auguste) opé 1 Paris, Déjazet
1864
19 mai
Deux permissions de 10 heures Mercier (Pol), Currat (Henry) opé 1 Paris, Déjazet
1864
1° oct
Achille chez Chiron Jallais (Amédée de), Vulpian (G.) opé 1 Paris, Folies-Marigny
1864
oct
Miroir (Le) Nuitter (Charles) opé ?
1864
24 nov
Bouquetière de Trianon (La) Chapelle (Paul Aimé) [dit Laurencin], Adenis (Jules) oc 2 Paris, St-Germain (Th.) (Th. Cluny)
1865
16 fév
Congrès des modistes (Le) Chapelle (Paul Aimé) [dit Laurencin] opé 1 Paris, Bouffes-Parisiens (Choiseul)
1866
21 avr
Oreilles de Midas (Les) Desarbres (Nérée), Nuitter (Charles) opé 1 Paris, Fantaisies-Parisiennes
1866
21 oct
Femme qui a perdu sa clé (Une) Léonce [= Laurençot (C.H.L.) & Nicole (E.T.)], Bar (Alexandre de) opé 1 Paris, Bouffes-Parisiens (Choiseul)
1867
29 janv
Légendes de Gavarni (Les) Lefebvre (Hippolyte), Bouvier (Alexis) oc 3 Paris, Fantaisies-Parisiennes
1867
12 juin
Gervaise ou Qui a bu, boira Bouvier (Alexis), Lefebvre (Hippolyte) oc 1 Paris, Th. International (Expo 1867)
1867 Orchestre des Danoises (L’) ? opé Paris, Alcazar
1868
sept
Sœur de Pierrot (La) Jallais (Amédée de) opé Paris, Folies-Bergère
1868
19 oct
Soldat malgré lui (Le) Duru (Alfred), Chivot (Henri) oc 2 Paris, Fantaisies-Parisiennes
1868
5 déc
Souper d’Arlequin (Le) Bellune (Jules Perrin de) sayn Paris, Eldorado
1869
15 janv
Baladine et casque de fer Blondelet (Charles), Baumaine (Félix) sayn 1 Paris, Eldorado
1869
10 juil
Mariage au gros sel (Un) Liorat (Armand) opé Paris, Eldorado
1869
23 juil
Faust et Marguerite Blondelet (Charles), Baumaine (Félix)) sayn-b 1 Paris, Ambassadeurs
1869
26 sept
Mademoiselle Pierrot Kock (Henri de), Jallais (Amédée de) opé 1 Paris, Folies-Bergère
1869
26 sept
Don Férocio Blondelet (Charles), Baumaine (Félix)) sayn-b 1 Paris, Eldorado
1869
15 nov
Fermé le dimanche Chol de Clercy (Hippolyte) opé Paris, Eldorado
1869
16 déc
Beau chasseur (Le) Blondelet (Charles), Baumaine (Félix) sayn Paris, Eldorado
1869 Fermière et son garçon (La) Jouhaud (Auguste) opé 1 Paris, Eldorado
1870
5 fév
Souper chez Mlle Contat (Un) Liorat (Armand) opé 1 Paris, Eldorado
1870
14 nov
Paris qui marche Kackwall pant Paris, Bataclan
1870
4 déc
Procès en séparation (Un) Bedeau (Hippolyte) sayn ou opé 1 Paris, Alcazar [ou Elysée-Montmartre 3 avr 1876]
1870
18 déc
Acteur omnibus (L’) Perrin (Maximilien) opé 2 Paris, Alcazar
1870 Lucrèce d’Orgeat ? parodie Paris, Eldorado
1870 On demande un pitre ? opé 1 Paris, Eldorado
1871
4 janv
Siège de Paris (Le) Baumaine (Félix), Blondelet (Charles) ? Paris, Porte-St-Martin
1871
22 janv
Tu vas me l’payer Bismarck Baumaine (Félix), Blondelet (Charles) opé 1 Paris, Délassements-Comiques (Bd Voltaire)
1871
5 oct
Bonne de ma tante (La) Bedeau (Hippolyte) opé Paris, Eldorado
1871
5 déc
Nez de carton (Le) Vergeron (Fréd.) sayn Paris, Eldorado
1871 Un lendemain de noces ? opé 1 Paris, Eldorado
1872
8 mars
Cinq sens (Les) Blondelet (Charles), Dumaine sc com Paris, Eldorado
1872
6 avr
Nourrice d’Hercule (La) Vergeron (Fréd.) opé Paris, Eldorado
1872
27 avr
Chevaliers du coeur saignant (Les) Dubacq (Hyacinthe) opé 1 Paris, Folies-Belleville
1872
9 août
Millionnaire Fortel opé v 1 Paris, Eldorado
1872
17 août
Les Points jaunes Pacra (Jules), Fétré) sayn 1 Paris, Eldorado
1872
21 déc
Monsieur l’Alcade Villemer (Gaston), Delormel (Lucien) opé Paris, Eldorado
1872
28 déc
M’ame Nicolas Villemer (Gaston) opé Paris, Eldorado
1872 Une Cause célèbre ? opé 1 Paris, Eldorado
1873
8 fév
J’te vas tuer Gabillaud (L.), Dubacq (Hyacinthe) opé 3 Paris, Folies-Belleville
1873
8 mars
Marion de l’Orme Bedeau (Hip.) opé parodie Paris, Eldorado
1873 Le Baromètre parisien Philibert (A.), iegel (Alphonse) monologue Paris, Eldorado
1873 Le Coq est mort ! ? opé 1 Paris, Eldorado
1874
6 janv
Champagne de ma tante (Le) Bedeau (Hip.) opé Paris, Eldorado
1874
4 mars
Trésor de Cassandre (Le) Bedeau (Hip.) o pantomime Paris, Eldorado
1874
29 août
Cascades de Pierrot (Les) Guyon (Alex.) opé Paris, Eldorado
1874 Mam’zelle Rose Decourcelle (Adrien), Bercioux (Eugène).) opé 1 Paris, Variétés
1875
22 mai
Pierrot et la belle enchantée ? opé 1 Paris, Eldorado
1875
juin
Scandale à l’Alcazar (Un) Duvert (Félix Auguste) tabl lyr Paris, Alcazar d’été
1875
1° août
Clé du sérail (La) [2] Mathieu (Eugène), Fuchs (J.) bm Paris, Alcazar
1875
11 sept
Deux choristes (Les) Péricaud (Louis), Delormel (Lucien) opé 1 Paris, Eldorado
1875 Fête de Madame Denis (La) ? opé 1 Paris, Alcazar d’été
1876
1° juin
Noce d’Auvergne (Une) ? divertiss Paris, Alcazar d’été
1876
10 juin
Bayadères de Bagnolet (Les) Péricaud (Louis), Delormel (Lucien), Villemer (Gaston) opé Paris, Alcazar
1876
7 juil
Canotiers de Bougival (Les) Péricaud (Louis), Delormel (Lucien), Villemer (Gaston) opé Paris, Alcazar d’été
1876
30 juil
Coulisses de l’Alcazar (Les) Duvert (Félix Auguste) pochade Paris, Alcazar d’été
1876 Cent mille francs du ténor (Les) ? opé 1 ?
1877
6 avr
Carnaval des épiciers (le) Paillard (Edouard) opé 3 Paris, Bouffes du Nord
1877
20 juin
Ecuyers de Pont-à-Mousson (Les) Péricaud (Louis), Delormel (Lucien), Villemer (Gaston) opé 1 Paris, Alcazar d’été
1877
2 juil
Orientales (Les) Gendron (J.) ball 1 Paris, Alcazar d’été
1877
1° sept
Mam’Nicolas Villemer (Gaston) opé 1 Paris, Alcazar
1877
22 déc
Baronne de Haut-Castel (La) Chapelle (Paul Aimé) [dit Laurencin] opé 1 Paris, Eldorado
1878
31 août
Deux parfaits notaires (Les) Péricaud (Louis), Villemer (Gaston) opé 1 Paris, XIX° siècle (Concert du)
1879
31 oct
Verrou (Le) Battaille (Louis) opé 1 Paris, Eldorado
1880 Noce à Suzon (La) Jouhaud (Auguste), Villemer (Gaston) opé 1 Paris, Alcazar d’été
1880 Atchi ! Hermil (Edouard), Numès (Armand) opé 1 Paris, Eldorado
1882
18 fév
Canotiers de la rigolade (Les) [3] Péricaud (Louis), Delormel (Lucien) opé 1 Paris, Eldorado
1882
14 mars
Premières armes de Parny (Les) Péricaud (Louis), Delormel (Lucien) opé Paris, Eldorado
1882
28 oct
Poupée automate (La) Villemer (Gaston), Delormel (Lucien) sc 1 Paris, Eldorado
1882
15 nov
J’vais r’trouver ma femme Durafour (Emile) v 1 Paris, Pépinière (La)
1883
22 sept
Automate (L’) Durafour (Emile) bm 1 Paris, Pépinière (La)
1883
22 sept
Carmagnole (La) Péricaud (Louis) opé Paris, Eldorado
1887
12 nov
Farces de Toto (Les) Durafour (Emile) bm 1 Paris, Pépinière (La)
1883
30 juin
Filles du diable (Les) [4] Péricaud (Louis), Jallais (Amédée de) fant Paris, Eldorado
1881 Supplice de Tantale (Le) Durafour (E.) opé 1 ?
? Chaumière indienne (La) ? oc 1 ?
? Corinne ? oc 3 ?
? Incroyables (Les) ? ob 3 ?
? Sainte-Catherine (La) ? opé 1 Eldorado
? Veuve Omphale (La) ? opt 1 ?

[1] sous le nom de Stephan
[2] avec Planquette (Robert),
[3] avec Villebichot (Auguste de), Dubost (L.A.), Liouville (Frantz), Malo (Charles)
[4] avec Petit (Albert), Ghilain (E.)

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