Née en 2023 sous l’impulsion de Louis Langrée, directeur de l’Opéra Comique, l’Académie a pour vocation la promotion du genre opéra-comique auprès de jeunes artistes, en les initiant aux spécificités de ce genre qui allie chant, textes parlés et jeu scénique. Les jeunes talents sélectionnés chaque année y bénéficient pendant près de 10 mois de la mise à disposition de lieux de répétition et de studios de travail individuels, de séances de formations avec des artistes et des professionnels des métiers du spectacle vivant, ainsi que d’espaces de création avec la possibilité de se produire dans des productions lyriques ou en concerts.

C’est ainsi que, dans le cadre des «saisons de l’Académie», des voyages musicaux sont proposés aux spectateurs et permettent de faire connaissance avec de jeunes chanteurs au talent déjà affirmé. Le 31 janvier, c’était un « récital d’hiver » qui, contrairement aux habitudes, était consacré au théâtre italien, avec les airs les plus célèbres de Rossini, Bellini et Donizetti, parfois agrémentés d’un livret en français, apportant ainsi la preuve que l’art du parlé-chanté est parfaitement maîtrisé.
Les artistes, et leurs mentors, se sont lancés dans une production plus ambitieuse, un opéra-comique miniature, La valse rêvée d’Offenbach, avec plusieurs représentations en ce mois de mars, dont l’une plus spécialement destinée au public scolaire.
Ce soir-là, les spectateurs entrent en silence dans la salle Bizet plongée dans une pénombre d’où émergent des silhouettes allongées sous des draps, tandis qu’un piano égrène quelques mesures d’Offenbach. Puis la scène s’anime, la lumière revient et ils sont cinq à se redresser sous les cris d’un homme, tandis que leurs ombres courent sur les murs et au plafond.
On comprend vite qu’ils ont une mission qui leur fera se lancer dans un voyage improbable, sur terre, sur les mers et même sur la lune, à la recherche d’une valse perdue, la valse de Zimmer, celle que la mère d’Offenbach lui chantait quand il était enfant. Leur quête les conduira à travers les ouvrages du compositeur, certains très connus, de nombreux autres beaucoup moins, mais tous extrêmement séduisants et surtout interprétés par les voix exceptionnelles des chanteurs de l’Académie qui font également preuve de réelles qualités scéniques et d’un dynamisme à toute épreuve. Le tout est situé dans un décor de bois vieilli, tels les meubles et matériaux qu’on trouve dans les ateliers d’un théâtre, et que les interprètes manipulent avec dextérité pour les mettre en situation.
Outre son intérêt pédagogique, la découverte d’un vaste répertoire parfois peu connu, cette production est enthousiasmante par ses interprètes ; ces jeunes savent tout faire : jouer la comédie, parler de façon très intelligible et surtout, leurs qualités vocales sont extrêmement prometteuses ; pour peu que les théâtres n’oublient pas de défendre le répertoire, on peut leur prédire une belle carrière.
Indigo
31 janvier et 20 mars 2026
La valse rêvée d’Offenbach
Metteur en scène et librettiste : Barthélémy Fortier – Conception musicale et direction : Guillemette Daboval – Pianiste cheffe de chant : Flore-Élise Capelier – Scénographie : Hernán Peñuela – Costumes :Alain Blanchot – Lumières : Julien Dupont.
Avec :
Les artistes de l’Académie de l’Opéra Comique, que l’on a également entendus dans le récital d’hiver où ils étaient accompagnés par Flore-Elise Capelier : Déborah Salazar et Thaïs Raï-Westphal, sopranos – Flore Royer, mezzo-soprano – Paul-Louis Barlet et Félix Merle, barytons, ainsi que Hélie Thonnat, comédien,
et avec la contribution d’enfants de la Maîtrîse Populaire de l’Opéra Comique.


