In memoriam : Hommage à 3 artistes français : Janine Ribot, Robert Massard, Monique Clin

In memoriam : Hommage à 3 artistes français : Janine Ribot, Robert Massard, Monique Clin

Janine Ribot (1932 – 2025)

Avec la disparition de Janine Ribot, survenue à Marseille le 27 novembre 2025, s’éteint l’une des grandes voix qui ont incarné avec élégance et authenticité l’opérette française de la seconde moitié du XXe siècle.

Née en 1932, et en carrière dès l’âge de 16 ans, Janine Ribot possédait un très large répertoire. Dans l’opérette classique, elle aborda notamment Les Cloches de Corneville (qu’elle grava pour Philips), Les Mousquetaires au couvent, Monsieur Beaucaire, La Mascotte, La Chaste Suzanne et Fragonard, qu’elle interpréta également pour la télévision.

Dans le répertoire viennois, elle chanta entre autres : La Veuve joyeuse, Princesse Czardas, Valses de Vienne et Le Pays du sourire, dont elle réalisa un enregistrement discographique.

Elle fut aussi une interprète majeure du répertoire de Francis Lopez, avec La Belle de Cadix, Méditerranée, Andalousie et Le Chanteur de Mexico, œuvres qu’elle grava pour la firme CBS aux côtés du ténor Rudy Hirigoyen, contribuant ainsi à fixer au disque une part essentielle de l’histoire de l’opérette française. On lui doit encore des compilations rétrospectives, parmi lesquelles Les Voix d’or – Janine Ribot qui mettent en valeur la clarté de son timbre, sa diction exemplaire et son sens inné de la ligne mélodique.

Elle marqua notamment les esprits dans L’Auberge du Cheval Blanc qu’elle interpréta plus de 400 fois au Théâtre du Châtelet, l’un des hauts lieux parisiens du théâtre musical.

Artiste profondément représentative de l’âge d’or de l’opérette, Janine Ribot a su en préserver l’esprit : élégance, joie de vivre, raffinement vocal et théâtral. Par la scène comme par le disque, elle a transmis ce répertoire à plusieurs générations de spectateurs et de mélomanes. Sa voix demeure, son style aussi.

Robert Massard (1925 – 2025)

Robert Massard

Né à Pau le 15 août 1925, où il s’est éteint le 26 décembre 2025, Robert Massard fut l’un des très grands barytons français de la seconde moitié du XX? siècle, incarnant avec une rare autorité l’excellence de l’école vocale française. Sa carrière exemplaire se confond avec l’histoire des grandes scènes lyriques nationales et internationales, dont il fut l’un des piliers pendant plusieurs décennies. Son répertoire comportait plus de cent rôles !

Baryton à la voix ample, vaillante et parfaitement timbrée, doté d’une diction souveraine, il s’imposa comme un interprète de référence du répertoire français. Il marqua profondément des rôles tels que Escamillo (Carmen), Valentin (Faust), Athanaël (Thaïs), Albert (Werther), Ourrias (Mireille), ou encore le rôle-titre de Hamlet d’Ambroise Thomas.

À ces incarnations s’ajoutaient les grandes figures verdiennes – Rigoletto, Germont, Renato, Le Marquis de Posa – qu’il servait avec une autorité dramatique et une noblesse de style remarquable tout comme le répertoire de Wagner ou celui de certains compositeurs russes. En outre, il chantait l’opérette sur scène et en avait enregistré certaines comme Paganini, La Mascotte, Les Saltimbanques pour la firme Decca et Les Cloches de Corneville pour Saphir.

Robert Massard fut un pilier de l’Opéra de Paris et de l’Opéra Comique, mais encore un hôte régulier des plus grandes scènes internationales : La Scala de Milan, le Metropolitan Opera de New York, le Covent Garden de Londres, le Liceu de Barcelone, le Teatro Colón de Buenos Aires, sans oublier les grands festivals comme Aix-en-Provence, Orange ou Édimbourg. Partout, il représentait une certaine idée du chant français, fondée sur l’élégance, la clarté du texte et la vérité dramatique.

Sa discographie, abondante et précieuse, demeure un témoignage majeur de son art. Elle comprend des enregistrements de référence de Carmen, Faust, Werther, Thaïs, Mireille, Hamlet, mais aussi de nombreux ouvrages rares ou oubliés du répertoire français qui montrent son attachement profond à la défense du patrimoine lyrique national.

Au-delà de sa carrière, Robert Massard laisse le souvenir d’un artiste profondément respectueux de la musique et du théâtre, d’un chanteur chez qui la puissance vocale n’excluait jamais l’intelligence du texte ni la finesse de l’expression. Son exigence stylistique a porté très haut l’art du chant français.

Monique Clin (1931-2026)

Monique Clin

Figure discrète mais essentielle du spectacle vivant français de la seconde moitié du XX? siècle, Monique Clin appartient à cette génération d’artistes qui ont façonné, loin des avant-gardes médiatisées, un art chorégraphique profondément ancré dans la tradition théâtrale, musicale et populaire.

À partir des années 1960-1970, Monique Clin devient une référence régulière pour les théâtres municipaux et compagnies lyriques qui montent le grand répertoire de l’opérette française et viennoise.

Monique Clin a ainsi signé la chorégraphie d’un très grand nombre d’opérettes dans de nombreux théâtres de France. On peut citer, sans que cette liste soit limitative : Phi-Phi en tournée dans divers théâtres de la région parisienne (1972), Véronique au Centre musical et lyrique de Grenoble (1975), Ta bouche au Théâtre Antoine à Paris, puis à l’Opéra de Rennes (1980), Au pays du soleil au Théâtre de Douai (1981), Là-haut au Théâtre de Rennes (1983), Rêve de valse à l’Opéra d’Avignon puis à l’Opéra de Rennes (1985), Violettes impériales à l’Opéra d’Avignon (1990), La Veuve joyeuse (2001) et le Pays du sourire (2005) en tournée avec la Compagnie française de l’Opérette, et tant d’autres encore… Cette diversité de lieux et de titres illustre à la fois l’ampleur de son activité et son rôle essentiel dans la vitalité de l’opérette en France.

Son apport à la télévision française constitue un autre pan fondamental de son œuvre. Lorsque Pascal Sevran conçoit La Chance aux chansons, émission vouée à la mémoire et à la transmission de la chanson française et de l’opérette, Monique Clin est chargée de concevoir et diriger les ballets. Elle adapte avec habileté et bonheur son écriture chorégraphique aux exigences du direct ou du semi-direct.

Monique Clin s’est éteinte le 5 janvier 2026. Elle était l’épouse du chanteur Serge Clin, artiste marquant de l’opérette qui participa notamment à la création de deux ouvrages devenus emblématiques au Théâtre du Châtelet :Le Secret de Marco Polo aux côtés de Luis Mariano, et Rose de Noël avec André Dassary mis en scène par Maurice Lehmann. Elle était également la mère de Carole Clin et la grand-mère de Fabrice Todaro, deux artistes reconnus dans le métier, tous deux engagés dans une carrière consacrée à l’opérette et à la comédie musicale, prolongeant ainsi une véritable lignée familiale dédiée au spectacle lyrique et au théâtre chanté.

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