C’est pas l’ Pérou

C’est pas l’ Pérou

Jeanne batti et Henri Genès dans C’est pas l’ Pérou © George Henri)

Jack Ledru (1922-2013)

 

Le compositeur Jack Ledru commence sa carrière artistique en accompagnant les plus grandes vedettes de la chanson. Puis il compose des chansons dont certains titres sont célèbres : « Téléphonez-moi chérie », « Sensual », « A la Française », etc… C’est en 1954 qu’il aborde l’opérette sous la forme de comédies à couplets ; il écrit ainsi pour Roger Nicolas la musique de Mon P’tit Pote (Européen) qui restera à l’affiche plus de trois ans. Pour le célèbre amuseur, il composera encore Bidule (1959) et A toi de jouer (1961).

À partir de 1962, il aborde l’opérette traditionnelle tout d’abord en offrant à Rudy Hirigoyen Farandole d’amour qui se jouera en province. La grande consécration lui est offerte par Henri Varna : pour Mogador et Merkès/ Merval, il compose Michel Strogoff (1964) et Vienne chante et danse (1967) dont on connaît la réussite.

Après 1970, les compositeurs d’opérettes traditionnelles (si l’on excepte Francis Lopez) ne trouvent plus guère de directeurs pour les accueillir à Paris. C’est ainsi que les créateurs « traditionnels » comme Guy Lafarge ou Jack Ledru devront s’adresser aux théâtres de province. Ils auront le plaisir d’être joués, mais sans doute avec un sentiment de frustration, car tout le travail qu’ils auront fourni ne bénéficiera que d’un nombre limité de représentations.
Jack Ledru composera ainsi C’est pas l’Pérou (1977), Quadrille Viennois où il ressuscite des airs de Suppé en ajoutant ses propres compositions, La Peur des coups d’après Courteline, jouée à Tours (1977). Puis, en collaboration avec Guy Lafarge, Le Petit Café (Mulhouse, 1980) et La Cagnotte (Lille, 1983), avec Paul Bonneau, La Parisienne (Tours, 1982). Enfin, il réunit la musique de divers compositeurs pour l’opérette Paris Belle Epoque de Jean-Claude Delhumeau et Edgar Duvivier.

C’est pas l’Pérou est une charmante comédie à couplets que Jack Ledru a écrit pour le fantaisiste Henri Genès et son épouse Jeannette Batti avec lesquels il était très lié d’amitié. La création a eu lieu au Sébastopol de Lille le 21 février 1976 avant une tournée sur plusieurs scènes de province.

L’argument

Acte I :

L’action débute au Brésil, dans la plantation de café dont le contremaître est un bel homme haut en couleur, d’origine basque, nommé Rafaël Mosquito. Celui-ci coule des jours heureux, tout en se disputant continuellement avec Lola, son amie, femme jalouse et râleuse. Ce jour-là, Joë Derik, richissime américain, arrive à la propriété, accompagné de son ami, le jeune et élégant Rodrigo. Il souhaite acheter au contremaître un petit terrain que ce dernier possède au Venezuela, et qu’il sait contenir du pétrole. Les deux hommes sont accueillis par Maria, la jolie secrétaire de la plantation. D’entrée, Rodrigo est séduit par le charme de la jeune fille.
Rafaël se fait tirer l’oreille pour vendre un terrain qui lui vient de sa famille. Pour se donner le temps de prendre une décision, il emmène Derik et son ami passer la nuit dans l’auberge voisine tenue par la belle et voluptueuse Eva Santos. Le plus remuant des pensionnaires de cette auberge est le général vénézuélien Tortilla qui, tout en préparant à distance une révolution, fait une cour pressante à Eva. Il n’est pas le seul à être attiré par les charmes de la jeune femme. Depuis longtemps, Rafaël tente d’obtenir les faveurs de l’aubergiste. Derik et Rodrigo, eux aussi, s’enflamment pour elle. Maria ne tarde pas à s’en apercevoir et prend ses distances vis-à-vis du jeune homme. La nuit venue, Rodrigo essaie en vain de pénétrer dans la chambre de Maria. Rafaël, Derik et Tortilla réussissent si bien à trouver celle d’Eva que la jeune femme les découvre tous les trois à la fois dans son lit ! Le lendemain, on apprend qu’un certain colonel Sanchez a pris le pouvoir à Caracas. Tortilla décide de rejoindre le Vénézuela, suivi par tous nos héros, qui sont mus par l’intérêt, l’amitié ou l’amour.

Acte II :

A Caracas, Tortilla est devenu dictateur. Eva est favorite, mais son étoile commence à pâlir. Maria qui soupçonne un flirt entre Rodrigo et Eva, fait semblant d’ignorer le jeune homme. A la suite d’une maladresse du basque, Lola, Derik et Rafaël lui-même sont emprisonnés. Derik, citoyen américain, est bientôt libéré. Les affaires de Lola, dont Tortilla voudrait faire sa nouvelle favorite, ne tardent pas à s’arranger. Par contre, le pauvre Rafaël est condamné à mort.
Rodrigo avoue à Eva qu’il aime Maria et que leur flirt doit cesser. Pour obtenir la libération de Rafaël, il faut que Lola accepte d’accorder ses faveurs à Tortilla. Elle est sauvée de ce « sacrifice » par une nouvelle révolution. Tous les prisonniers sont libérés.
Dans une rue de Caracas, Rodrigo et Maria se retrouvent,… et se réconcilient enfin. Au milieu des barricades, Rafaël fait un vibrant discours qui lui vaut les acclamations de la foule. Il se voit déjà Président et choisit de rester au Vénézuela, alors que ses amis, y compris Lola, décident de rentrer au Brésil. La Présidence du Basque ne dure pas plus d’une semaine. Il rejoint la plantation, retrouve Lola avec laquelle il se réconcilie. Eva fera le bonheur de Derik, auquel Rafaël vendra le terrain. Et comme il se doit Rodrigo épousera Maria.

La partition

Acte 1 : « Café » (Maria, choeurs) – Chanson de Lola « Les hommes sont tous les mêmes » -.« Rien n’est trop beau pour un Basque » (Rafaël) – Duo Maria-Rodrigo « C’est vrai » – Tango Eva-Tortilla « Io te prendrai » – Duo Rafaël-Lola « Tu dis n’importe quoi » – Trio Rafaël, Derik, Lola « Bisness is bisness » -Rodrigo « il faut de tout pour faire un monde » – Septuor « faut voir » – Ensemble « Quelle nuit formidable » – Fête du café (Rafaël) – Final I.
Acte 2 : Choeur « Viva Tortilla » – Ensemble « Ne faites pas la Révolution » – Trio sur la vie en prison (Rafaël, Lola, Derik) – Cantilène de Lola – « Tournons la page (Eva, Rodrigo) – Duo de la confession (Lola, le Père Supérieur) – Choeur des moines -Duo Maria-Rodrigo – Discours de Rafaël – Final Il.

Fiche technique

C’est pas l’Pérou
Opérette en 2 actes et 10 tableaux, livret de Georges Pirault, lyrics d’André Hornez, musique de Jack Ledru ; instrumentation de Jacques Météhen. Création : Lille, théâtre Sébastopol, le 21 février 1976. Avec :
Jeannette Batti (Lola), Annie Galois (Maria), Dany Luck (Eva Santos), Henri Genès (Rafaël Mosquito), Fernand Kindt (Joë Derik), Carlo di Angelo (Rodrigo), Jacques Mussier (le général Tortilla), Pierre Gualdi (le Père Supérieur). Direction musicale : Jack Ledru et Paul Woestyn. Mise en scène Edgar Duvivier ; chorégraphie, Willy Cerullo.
Editions EPTC Chappell

Discographie

Il n’existe aucun enregistrement de cet ouvrage

Dernière modification: 27/02/2024

Imprimer
Cookies
Nous utilisons des cookies. Vous pouvez configurer ou refuser les cookies dans votre navigateur. Vous pouvez aussi accepter tous les cookies en cliquant sur le bouton « Accepter tous les cookies ». Pour plus d’informations, vous pouvez consulter notre Politique de confidentialité et des cookies.