Balalaïka

George Posford (1906-1975)

 

La révolution russe (1917) avait conduit à l’expatriation de nombreux partisans du Tsar. C’est en s’inspirant de ces faits historiques déjà anciens de quelque vingt ans, mais toujours présent dans le cœur des émigrés russes, que les auteurs ont imaginé leur histoire.
Créée à Londres en 1936, Balalaïka est remarquée par Maurice Lehmann, le directeur du Châtelet, qui venait par ailleurs d’abandonner la direction de la Porte Saint-Martin. Il loue pour un temps Mogador où il assure la création française de Balalaïka.
L’ouvrage, emmené par Reda Caire et Jacqueline Francell fait une carrière honorable, sans plus.
En province, il se maintiendra longtemps au répertoire. En 1982, une nouvelle version française de Jean Valmy, airs additionnels de Jack Ledru est créée à Saint-Étienne. Comme le plus souvent dans ce cas, l’adaptation n’apporte rien à l’ouvrage. Les modifications et notamment celles des lyrics désorientent le public et l’on en revient au bout de quelque temps à la version originale.

Aujourd’hui Balalaïka n’est plus montée en France qu’exceptionnellement et le plus souvent dans les départements du Nord.

L’argument

Acte I

1924 : À Montmartre
L’ancien Colonel du Tzar, Balakirev, chante devant le cabaret russe Balalaïka, tenu par Nicky et sa femme Masha. Une touriste anglaise demande au portier s’il est vrai que les chanteurs et les danseurs de l’établissement sont d’anciens nobles russes chassés de leur pays par la Révolution. « Presque tous » affirme le portier qui commence à raconter leur histoire :
1914 : Le foyer de danse du Théâtre Impérial de Saint-Pétersbourg
Malgré l’interdiction de leur Colonel, les officiers de cosaques envahissent le foyer de la danse. Le régisseur Nicky est impuissant à arrêter ces « diables rouges ». Le comte Pierre Karagin, commandant des cosaques, arrive à son tour et s’empresse auprès de la danseuse Lydia dont il est amoureux. La jeune fille est attirée par ce bel officier, mais doutant un peu de sa sincérité, et craignant la colère de son père, l’austère professeur Marakov, elle repousse ses avances. Pierre l’invite tout de même à le rejoindre à la fête qu’il donne au Balalaïka, un petit restaurant où les tziganes jouent et chantent au clair de lune.
Devant le restaurant Balalaïka
Malgré un premier refus, Lydia se rend au Balalaïka. Pierre lui avoue son amour et lui promet de l’épouser. Lydia refuse de suivre son père lorsque celui-ci vient la chercher. Le Prince Karagin, père de Pierre, vient au restaurant et annonce une triste nouvelle. La guerre est déclarée à l’Autriche. Pierre et ses amis doivent partir à l’aube. Le jeune homme emmène Nicky comme ordonnance au grand désespoir de l’habilleuse Masha qui est amoureuse de lui. Nicky ne s’en souci guère, car il est lui aussi amoureux de Lydia.

Acte II

Noël 1916 : Les loges des danseuses du théâtre Marinski
Sur le front, Pierre reçoit l’ordre de rentrer à Petrograd pour assurer la sécurité du Tzar, dont la vie est menacée par les révolutionnaires. Ce soir-là, les danseuses sont émues car le Tzar est présent dans une avant-scène. Lydia est ravie de revoir Pierre. Masha, devenue à son tour étoile de la danse, feint de dédaigner le brave Nicky, qui avait renoncé à Lydia. Une bombe éclate dans le théâtre. Le Tzar ne doit de garder la vie sauve qu’à la présence d’esprit de Pierre qui l’attire en arrière, L’auteur de l’attentat réussit à s’enfuir, mais il est traqué par la Police.
Chez Marakov
Pierre raccompagne Lydia chez elle sans savoir que son père n’est autre que le farouche révolutionnaire qui a tenté d’assassiner le souverain. L’officier a l’intention de demander à Marakov la main de la jeune fille. Mais celui-ci est persuadé que le comte n’est là que pour l’espionner; il le dit à Lydia qui s’effondre en sanglotant.
Une fête au Palais du Prince Karagin
Marakov est arrêté. Mais la Révolution triomphe. Il est libéré et devient Commissaire du peuple. À son tour, il vient arrêter le Prince Karagin, qui donne une brillante fête dans son Palais.

Acte III

1924 : À Montmartre
Le portier a terminé son récit. Nous nous retrouvons à l’intérieur du Balalaïka. Pierre gagne sa vie comme chanteur et danseur dans le cabaret tenu par ses amis Nicky et Masha. Les clients lui demandent de chanter. Karagin vient d’apprendre la présence à Paris de Marakov, devenu ambassadeur d’URSS. Troublé, absent, il ne peut terminer sa chanson et éclate en sanglots. Le cabaret se vide. Les exilés vont fêter Noël ensemble. Selon une coutume russe, Pierre regarde dans un miroir pour y lire son avenir. Il aperçoit Lydia, Lydia qui est venue le rejoindre au Balalaïka. Lydia va vers Pierre qui la prend dans ses bras. Le destin unira peut-être enfin ces deux jeunes gens dont l’amour a survécu à tant de drames.

— La partition

Ouverture ; « Les Diables Rouges » (les officiers) ; « Quand je s’rai vedette » (Masha) ; « Les yeux d’une blonde » (Pierre) : « C’est lui » (Lydia) ; Chœur russe ; « Balalaïka » (La vie était belle) (Pierre) ; « Quand l’amour » (Pierre et Lydia) ; « Ce n’était qu’un rêve » (Lydia) ; « Quand je fais des pointes » (Masha et Nicky) ; Ballet « Réflexion » ; « Sainte-Russie » (le Colonel) ; Duo Pierre-Lydia « Quand l’amour » (reprise) ; « Nitchevo » (Nicky et Masha) ; Final « Les Cosaques »

Fiche technique

Balalaïka
Opérette en 3 actes et 12 tableaux de Eric Maschwitz. Adaptation française de Maurice Lehmann, couplets de Henri Wernert. Musique: Georges Posford et Bernard Grün. Airs additionnels de Robert Stolz.
Création mondiale : Londres, théâtre Adelphi, le 22 décembre 1936. Création française : Paris, théâtre Mogador, le 24 septembre 1938.
Distribution à la création française :
Jacqueline Francell (Lydia), Coecilia Navarre (Masha), Charlotte Clasis (Anna Petrova), Reda-Caire (Pierre Karagin), Jean Kerien (Nicky), Gilbert Moryn (le colonel), Jean Périer (Prince Karagin), Daniel Nendaille (Marakov), Aubert (Alexis). Orchestre, direction Sylvio Mosse
Éditions Chappell

Discographie

Sélections

Angelina Cristi, Sylvia Paule, Bernard Sinclair, Michel Henry. Direction musicale, Alexandre Vanderdonckt
EPN 3045 (1 disque vinyl) & Mariane Mélodie 011011.830 (1CD)

Armelle Rioual, Josette Drouet, Henri Legay, Christian Juin. Orch. Alexandre Vanderdonckt
Polydor 658023 (1 V)

Claudine Granger, Michèle Mellory, Jean-Paul Caffi, Jacques Taylès. Orch. Christian Lalune
TLP 1004 (1 V) & TKL Record C35104 (1 CD)

Références

Vous retrouverez  Balalaïka dans « Opérette » n°  46 & 140. Si l’un de ces articles vous intéresse, vous pouvez le consulter en allant sur notre page « Revue “Opérette” »

Dernière modification: 26/02/2024

Imprimer
Cookies
Nous utilisons des cookies. Vous pouvez configurer ou refuser les cookies dans votre navigateur. Vous pouvez aussi accepter tous les cookies en cliquant sur le bouton « Accepter tous les cookies ». Pour plus d’informations, vous pouvez consulter notre Politique de confidentialité et des cookies.