En ce dimanche d’ouverture de la saison des Mus’Arts, la salle du théâtre de Tourcoing était remplie d’un public enthousiaste pour retrouver tous les « tubes » de cette Auberge où tout est bon à déguster ! La direction de l’orchestre de 20 musiciens était confiée au dynamique José Pick qui assurait par ailleurs la mise en scène d’un ouvrage qu’ il connaît bien. Tout était parfaitement en place et enrichi des nombreuses chorégraphies d’Annie Savouret. Certes le ballet des animaux n’avait pas été gardé mais chaque numéro ou presque était accompagné puis prolongé par les évolutions des danseurs et danseuses, toujours performants, aux multiples costumes folkloriques ou non, et renforcés par la présence de quatre tout jeunes élèves de la classe de danse, déjà presque professionnels. On se souviendra, entre autres tableaux réussis, de l’ensemble « Adieu, je pars », et le grand final du premier acte enchaînant l’ensemble « Allluia », le ballet-chanté des parapluies et la reprise par tous de « La bonne auberge du Cheval Blanc. »

Les décors étaient constitués par deux façades en dur à jardin et à cour et, pour illustrer les multiples tableaux de cette opérette, de jolies vues affichées par rétro projections et parfaitement appropriées à l’action ocupaient. tout le fond de scène.
Évidemment la distribution fut également pour beaucoup dans le succès du spectacle, les principaux rôles étant chantés par d’excellents interprètes. Le couple vedette revenait à l’agréable Caroline Géa incarnant une Josépha au caractère bien trempé et à qui il faudra toute la durée du spectacle pour succomber à l’amour sincère de son maître d’hôtel Léopold, et l’on se demande bien pourquoi quand il est incarné par le séduisant Xavier Flabat lui répétant amoureusement « Pour être un jour aimé de toi, je donnerais ma vie… »

Autre couple plein de séduction, celui chanté par Laura Baudelet, élégante Sylvabelle succombant rapidement, elle, au charme de Guy Florès auquel Henri Pauliat (par ailleurs l’un des artistes de premier plan des Misérables à Paris) apportait son talent et son charisme ; comment résister à « Je vous emmènerai sur mon joli bateau » !

Le troisième couple de la pièce assumait parfaitement les scènes comiques grâce à Étienne Pladys faisant applaudir les airs si connus de Célestin Cubisol, jeune homme rempli de lui-même mais tout heureux d’épanouir, au-delà des ses « Oui papa », la Clara de Julie Lemas dont les jolis aigus joints à ceux de Laura Baudelet éclataient dans les finales. Leur danse acrobatique fut même bissée. Autres personnages remarquables mais de caractères opposés, le marseillais Bistagne dont Jean-Pierre Williame assumait la gouaille ironique et la mauvaise foi assumée, mais sans excès, et le Papa de Clara, le parcimonieux professeur Hinzelman de Bernard Pladys.
Aux deux bouts de la distribution, Jérémy Cornet, vénérable Empereur à qui l’âge a donné une sagesse que le véritable François-Joseph n’avait peut-être pas, et le tout jeune Gauthier Flabat, « connaissant déjà bien ses planches » pour offrir un Piccolo sûr de lui et affirmant du haut de son expérience juvénile « Les femmes, c’est la perte de l’homme ! », face à l’intransigeance de la jeune Zenzi, doublant ainsi à son échelle, le dépit amoureux de Léopold.

Signalons également la bonne prestation d’un chœur important et loin d’être statique avec ses déplacements bien orchestrés, emplissant avec les autres artistes, visuellement et surtout musicalement toute la scène du théâtre
Un spectacle réussi, donc, bien applaudi par les spectateurs que j’ai souvent entendu fredonner doucement les paroles des airs entonnés sur la scène..
Bernard Crétel
25 octobre 2026
L’Auberge du Cheval Blanc (Ralph Bénatzky et autres compositeurs)
Direction musicale et mise en scène : José Pick – Chorégraphies : Annie Savouret et les danseurs et danseuses du Carolo King Ballet – Costumes ATL Productions.
Avec :
Caroline Géa (Josépha) – Laura Baudelet (Sylvabelle) – Julie Lemas (Clara) –Eve Delahousse (Zenzi) – Xavier Flabat (Léopold) – Henri Pauliat (Guy Florès) – Jean-Pierre Williame (Napoléon Bistagne) – Étienne Pladys (Célestin Cubisol) – Bernard Pladys (le professeur Hinzelman) – Jérémy Cornet (l’Empereur) – Gauthier Flabat (Piccolo).
Prochains spectacle des Mus’Arts : Frou-Frou les Bains, le 14 février 2027 et Les Mousquetaires au couvent, le 4 avril suivant.
Auxquels il faut ajouter, parmi les ouvrages légers programmés par l’Atelier Lyrique de Tourcoing : Don Procopio de Bizet, par La Reine de cœur, Les Variétés Lyriques et La Capella Forensis, le 16 janvier 2027, La Fille du Régiment de Donizetti, (version de chambre adaptée aux enfants) par Les Siècles, le 13 mars 2027, et Le Temps d’aimer, de Reynaldo Hahn, par Les Frivolités Parisiennes, les 10 et 11 avril 2027.




