L’Italienne à Alger, par Opus Opera Gattières
mardi 21 juillet 2026

L’Italienne à Alger, par Opus Opera Gattières

© Sophie Kilian

Le Festival Opus Opéra a démontré à nouveau qu’il était possible de proposer un véritable spectacle lyrique de qualité dans le cadre chaleureux de la place Grimaldi à Gattières. Pour cette édition 2026, L’Italienne à Alger de Rossini s’imposait comme un choix particulièrement heureux. Sous les étoiles, l’opéra bouffe de Rossini trouve naturellement sa place et entraîne le public dans un tourbillon de quiproquos, de fantaisie et de bonne humeur.

La réussite de la soirée repose d’abord sur l’énergie qui anime l’ensemble du spectacle. Louise Brun signe une mise en scène vivante, fluide et constamment en mouvement. Tout en « modernisant » l’œuvre elle privilégie avant tout le théâtre, le rythme et le jeu des personnages. Les situations comiques s’enchaînent avec naturel, les déplacements sont précis et les chanteurs évoluent avec une aisance qui rend cette histoire toujours aussi réjouissante où le moindre geste compte autant que le chant.

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© Sophie Kilian

À la tête de l’Orchestre Philharmonique de Nice, Marc Leroy-Calatayud dirige l’ouvrage avec beaucoup de souplesse et de dynamisme. Il imprime à la partition une belle vitalité tout en restant constamment attentif aux chanteurs. Les nombreux ensembles conservent leur clarté, les équilibres sont bien maîtrisés et l’orchestre apporte toute la couleur et l’élan nécessaires à cette musique pleine d’esprit.

La distribution réunit des artistes qui semblent prendre un réel plaisir à défendre cette œuvre.
Ricardo Seguel compose un Mustafà aussi autoritaire que ridicule, personnage dont il exploite avec talent toutes les ressources comiques sans jamais tomber dans la caricature. Sa solide présence vocale lui permet d’imposer un Bey aussi amusant qu’impressionnant.
La mezzo soprano Lamia Beuque incarne une Isabella pleine d’assurance et d’élégance. Son chant allie aisance, musicalité et expressivité, tandis que son tempérament scénique fait de cette héroïne la véritable maîtresse du jeu.
Juan de Dios Mateos prête à Lindoro un style soigné. Il compose un amoureux sincère et attachant, apportant une touche de tendresse dans une intrigue dominée par la fantaisie.
Ivan Thirion doté dune belle voix de baryton réussit pour sa part un excellent Taddeo, drôle sans excès, parfaitement intégré à cette mécanique comique.

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© Sophie Kilian


Les autres rôles sont eux aussi solidement défendus. Cécile Lo Bianco apporte beaucoup de fraîcheur au personnage d’Elvira, Noelia Ibáñez remplit avec efficacité le rôle de Zulma, tandis que Thibaut Desplantes campe un Haly solide et bien présent. Le Chœur de l’Opéra de Nice participe pleinement à la réussite de la représentation en s’intégrant avec enthousiasme aux nombreuses scènes d’ensemble.

Cette production confirme une nouvelle fois la qualité du travail accompli depuis de nombreuses années par Opus Opéra. Grâce à une distribution homogène, une direction musicale inspirée et une mise en scène efficace, cette Italienne à Alger offre au public une soirée aussi divertissante que musicalement réussie, fidèle à l’esprit de Rossini et parfaitement adaptée à l’atmosphère conviviale du festival.

Philippe Pocidalo
21 Juillet 2026

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© Sophie Kilian

L’Italienne à Alger, Rossini

Direction musicale : Marc Leroy-Calatayud – Mise en scène : Louise Brun – Scénographie et costumes : Helen Hébert.

Distribution :
Mustafà : Ricardo Seguel – Isabella :Lamia Beuque – Lindoro : Juan de Dios Mateos – Taddeo : Ivan Thirion – Elvira : Cécile Lo Bianco – Zulma : Noelia Ibáñez – Haly :Thibaut  Desplantes.
Orchestre Philharmonique de Nice – Chœur de l’Opéra de Nice.

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