L’une des œuvres les plus connues d’Andrew Lloyd Webber, Cats, a été jouée et rejouée à plusieurs reprises dans le monde entier et avec autant de succès que celui qu’elle avait rencontré à Londres ou à New York où elle allait rester à l’affiche pendant 21 ans et 18 ans respectivement. Inspirée par les écrits du poète anglais T.S. Eliot, elle met en scène des chats qui ont neuf vies, et qui, au cours d’une soirée, la Jellicle Night, choisiront celui ou celle qui entrera au Heaviside Layer, leur Paradis, avant de revenir pour une autre existence.

Cats : The Jellicle Ball, une reprise conçue et imaginée par Zhailon Levingston et Bill Rauch, assistés de Catherine Johnson, reprend le même sujet sans d’ailleurs changer le narratif de Lloyd Webber, Trevor Nunn et Richard Stilgoe, auteurs de l’original, ou les chansons créées pour l’occasion, mais le transpose dans le cadre d’une salle de bal disco où les participants, gays, trans et bisexuels, participent à une compétition, genre Euro Vision ou American Idol, pour choisir le gagnant ou la gagnante de la soirée.
Dans une mise en scène exubérante, où les décors lumineux de Rachel Hauck et les costumes étincelants de Qween Jean sont des éléments essentiels, la comédie musicale prend un ton explosif très relevé qui en fait un spectacle plein de rebondissements et d’éclats sur un rythme exubérant. Les acteurs et actrices chargés de s’exprimer au sein de ce déroulement plein de joie et d’animation font preuve d’un engouement qui donne à la pièce tout son entrain et en font un spectacle plein de vie et d’allant.

En tête d’affiche, André De Shields, acteur très connu à Broadway et vu encore récemment dans Headstown, se distingue à nouveau sous les traits de Old Deuteronome, tout comme Junior La Beija, remarqué dans le film documentaire Paris brûle, dans le rôle de Gus the Theater Cat, et surtout « Tempress » Chasity Moore dans celui de Grizabella, dont l’interprétation de « Memory », la meilleure chanson de la pièce et un énorme succès populaire, est pour le moins sensationnelle.
Le reste de l’interprétation regroupe des acteurs de talent, certains nouveaux-venus, d’autres déjà familiers, dont notamment Sydney James Harcourt, surprenant dans le rôle de Rum Tum Tugger ; Robert « Silk » Mason (Magic Mister Mefistofeles), Nora Schell (Bustopher Jones), Dudney Joseph (Munkustrap, le Maitre de cérémonie), Dava Huesca (Mungojerrie), Emma Sofia (Kimbleshanks), et Bebe Nicole Johnson (Demeter).

Alors que le climat extérieur actuel occasionne beaucoup d’inquiétude, cette reprise vivante et pleine d’action est un moment agréable qui fait oublier les tourments. Elle présente une accalmie pleine d’exubérance et de positivisme au point que l’on sort du théâtre le sourire aux lèvres…
Didier C. Deutsch
7 avril 2026
Cats : The Jellicle Ball
Livret : Catherine Johnson – Music : Andrew Lloyd Webber – Paroles : T.S. Eliot, Trevor Nunn, Richard Stilgoe.
Décors : Rachel Hauck – Son : Kai Harada – Costumes : Qween Jean – Orchestrations : Trevor Holder – Chorégraphie : Omari Wiles, Arturo Lyons – Mise en scène de Zhailon Levingston et Bill Rauch.
Distribution :
Andre De Shields (Old Deuteronome) – Junior La Beija (Gus the Theater Cat) – “Tempress” Chasity Moore (Grizabella) – Nora Schell (Bustopher Jones) – Dudney Joseph (Munsustrap) – Sydney James Harcourt (Rum Tum Tiugger) – Jonathan Burke, Baby Byrne, Emma Sofia (Kimbleshanks) – Dava Huesca (Mungojerrie) – Robert “Silk” Mason (Magic Mister Mefistofeles) – Ken Ard – Teddy Wilson, Jr.
Première le 7 avril 2026 au Broadhurst Theater, 235 West 44th Street, New York.



