Un nouveau rendez-vous parisien nous est proposé au cœur des mythiques grands boulevards, plus exactement au Boulevard du crime immortalisé par Marcel Carné dans le film Les Enfants du paradis. Pour sa première édition, le festival Les Hivernales du Déjazet met à l’honneur l’univers singulier du chanteur, compositeur et poète Yanowski. Plusieurs spectacles, dont la création de la comédie musicale Adèle Berry, figurent au programme, nous permettant ainsi de mieux le connaître.
L’intrigue se résume en quelques mots :
Elle nous emmène à Londres en 1880 ; Adèle Berry jeune fille handicapée depuis l’enfance coule de moroses journées heureusement égayées par sa nourrice bienveillante. Une paire de bottines vient pourtant bousculer son quotidien car un pouvoir magique lui permet, en les chaussant, de remarcher ! Les escapades nocturnes qu’elle entreprend en cachette vont lui faire rencontrer un monde à ce jour inconnu, celui des saltimbanques, musiciens de rues et autres voleurs dont elle sera la victime. Mais un heureux hasard mettra sur son chemin le jeune Eliot, lui aussi orphelin, qui sera pour la jeune fille un soutien indéfectible. Tous deux auront à affronter le terrible Faith Damnable, ravisseur d’enfants projetant de leur réserver un funeste sort ; l’aventure heureusement se terminera mieux qu’elle n’avait commencé pour nos petits héros.

Ce délicieux conte musical nous embarque d’emblée dans les brumes londoniennes et capte sans relâche notre attention. L’univers de Dickens, saupoudré d’un zest d’Andersen et celui plus proche de nous de Roald Dahl, se trouve brillamment illustré par une épatante troupe de 14 artistes et d’un orchestre live de 4 musiciens. Professionnels de la comédie musicale ou élèves d’écoles spécialisées dans le genre, tous font preuve d’une aisance palpable et nous bluffent par leur charisme, insufflant tout à la fois frissons et émotions fortes.
Deux distributions se partagent l’affiche, le rôle-titre d’Adèle, quant à lui étant assuré par trois artistes : Céleste Hauser, Alice Lecat ou Laura Tardino. De même, Romain Dayez, Henri Pauliat ou l’auteur en personne Yanowski revêtent l’habit du sombre Damnable.
Les chorégraphies endiablées ainsi que les parties chantées ponctuent une action que l’on suit comme un vrai polar digne des maîtres du genre. La mise en scène d’Emmanuel Touchard, efficace et réglée au cordeau, contribue à la réussite de l’aventure.
Véritable conte fantastique mais également fresque sociale, nous saluons une écriture ciselée ainsi qu’une mise en espace simple mais suffisante pour pénétrer et savourer l’univers de ces gueux que nous espérons bientôt retrouver sur une nouvelle scène.
Philippe Pocidalo
4 mars 2026
Adèle Berry
Auteur, compositeur : Yanowski – Mise en scène, arrangements musicaux : Emmanuel Touchard – Chorégraphie : Laurence Perez – Orchestration : Emmanuel Martin – Costumes et accessoires : Léa Benitah – Création lumières : Frédéric Brémond – Concept acoustique : Jean-Christophe Dumoitier.
Production : La Lune Bleue Productions – Coproduction : Kapecha – Ateliers – Les spectaculaires

