Méditerranée, à Tourcoing
dimanche 1 mars 2026

Méditerranée, à Tourcoing

Le ballet des pêcheurs (photo des Mus’Arts)

Dès les premières notes de l’orchestre, le rideau s’ouvre sur les danseuses accompagnant chacun des thèmes de l’ouverture. Le décor nous plonge dans un studio de télévision des années 1960 où, après quelques pages de publicités (d’époque, projetées sur le rideau et précédées du logo de l’ORTF), on assiste à la finale d’un concours de chansons publicitaires célébrant la marque la « Lessive Bleue ». La gagnante, Juliette Germont, se voit récompensée par une croisière en Méditerranée sur l’Oiseau bleu, le yacht de M. Dubleu le directeur de la lessive.
Voici donc le point de départ de cette opérette à grand spectacles de Francis Lopez, aux multiples tableaux avec autant de décors et de ballets. L’intrigue nous promène de Paris, aux îles méditerranéennes : Corse, Sardaigne, Baléares, avec un détour par Tanger, tout cela sur fond de flirt amoureux, de trafic d’armes, de vengeance d’honneur et de maquis, avant de rejoindre Monte-Carlo pour un final heureux.
Si les pages musicales sont nombreuses, les parties chantées ne nécessitent pas de moyens vocaux extraordinaires, la partition ayant été écrite pour Tino Rossi qui l’a créée en décembre 1955, au Châtelet, mais avec de nombreux micros.

Medit. 4
Les Joyeux campeurs, Étienne Pladys etEstelle Micheau, et Philippe Ermelier (photo des Mus’Arts)

Pour leur dernier spectacle de la saison, les Mus‘Arts ont bien fait les choses : distribution talentueuse, ballets impeccables, orchestre renforcé, décors nombreux et mise en scène classique de Philippe Ermelier.
En tête d’affiche, Alfred Bironien fut un fringant Mario, élégant et très applaudi dès son air d’entrée « Les Baléares » ainsi que dans chacun de ses morceaux : « Campanella, Demain c’est Dimanche, Vierge Marie, Ajaccio, N’en dis rien à personne… ». Sa partenaire, Laura Baudelet sut donner beaucoup de charme au personnage un peu effacé de Paola, notamment dans « Les filles d’Ajaccio » et renforcer les finales de ses aigus ; si Paola est très attirée par Mario, c’est cependant son frère Mattéo qu’elle épousera même si celui-ci a pu se laisser entraîner dans un trafic qui l’a mis en danger.

Medit. 2
La cusine d’Annonciade (photo des Mus’Arts)

Le couple de fantaisistes, très convainquant, était tenu par deux habitués de cette scène,Étienne Pladys en Mimile et Estelle Micheau en Juliette ; après leur scène des « Joyeux campeurs » celle du cabaret de Tanger fut un grand moment comique, lui affichant une dégaine de marin bougon, chaloupant, et aux biceps à la Popeye, elle s’encanaillant en chanteuse populaire avec « Mon mataf’ » détaillé avec conviction sur un rythme de java.

Medit. 7
Le cabaret de Tanger (photo de B. C.)


Autre couple, si l’on peut dire, savoureux, celui du Père Padovani dont Jean-Pierre Williame sut parfaitement rendre, sous une bonhomie naturelle, une parfaite connaissance du caractères de ses paroissiens, acceptant même de goûter au redoutable quinquina d’Annonciade, dont Patricia Vanacker, en solide veuve corse distillait la verve et l’accent.

N’oublions pas les autres interprètes : Anna-Maria Giachin dans le rôle de Conchita Cortez, une riche sud-américaine poursuivant Mario de ses assiduités, Sacha Chardon en Mattéo mal dans sa peau, Philippe Ermelier dans celui du gendarme Cardolaci qui n’apprécie pas d’être pris pour une bécasse, Bernard Pladys en Angelotti, macho peu malin, et Annie Caudrelier, la mère sensible de Mario et de Mattéo.

Medit. 5b
Jean-Pierre Williame et Laura Baudelet  (photo des Mus’Arts)

Les nombreux entourages et les quatre grands ballets très bien chorégraphiés par Annie Savouret étaient dansés par une douzaine de danseurs et danseuses aussi à l’aise dans les danses folkloriques (Ballet des pêcheurs, Ballet sarde avec tarentelle, ballet espagnol aux accents ibériques) que dans les évolutions nettement plus modernes du ballet du cabaret au swing américain sensuel ou acrobatique. Notons également les superbes costumes des danseuses, notamment ceux typiquement sardes ou ceux lamés bleus du dernier ballet. La présentation finale nous offrit également une profusion de nouveaux costumes et de robes.

L’orchestre de Pascal Chardon, une vingtaine de musicien pour ce spectacle, se plia sans problème à la grande variété de rythmes de cette partition où se succèdent, boléro, valse, java, tango, tarentelle, tendres mélodies ou déploiements de cuivres, et meublant les changements de décors par des reprises orchestrales soignées des principaux morceaux comme : « Un p’tit verre du p’tit vin du pays » ou, inévitablement, le tube de l’ouvrage :

« Méditerranée / Aux îles d’or ensoleillées
Aux rivages sans nuages / Au ciel enchanté
Méditerranée / C’est une fée qui t’a donné
Ton éclat et ta beauté / Méditerranée ! »

repris par une salle enthousiaste.

Bernard Crétel
1er mars 2026

Méditerranée (Francis Lopez)

Mise en scène : Philippe Ermelier – Direction musicale : Pascal Chardon – Carolo King Ballet, chorégraphie d’Annie Savouret – Costumes : ATL Productions – Moyens techniques : techniciens du Théâtre Municipal Raymond Devos.
Distribution :
Alfred Bironien (Mario Franchi) – Étienne Pladys (Mimile) – Jean-Pierre Williame (Père Padovani) – Philippe Ermelier (Cardolacci) – Matrick Montagne (Dubleu) – Sacha Chardon (Mattéo) – Bernard Pladys (Angelotti).
Laura Baudelet (Paola) – Estelle Micheau (Juliette Germont) – Anna-Maria Giachin (Conchita Cortez) – Patricia Vanacker (Annonciade). – Annie Caudrelier (la mère)
Chœurs et figurants des Mus’Arts.

Les trois spectacles de la saison 2026-2027 seront programmés les : 25 octobre 2026 et 14 février et 4 avril 2027.

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